Réseaux sociaux et récit journalistique

Comme avec les précédentes innovations technologiques, les habitudes linguistiques en Français comme en d'autres langues ont dû encore courber l'échine devant la montée en puissance des réseaux sociaux. Mais pour le journaliste, embrasser la sociosphère ne devrait pas signifier moins de rigueur.

Tout d'abord, il faudra souligner que les nouvelles plateformes ont débarqué avec un jargon qui leur est propre. On disait exclusivement "publier un article". Désormais, on dit plus souvent "poster un article" ou "poster un poste". Et le francophone qui se hasardera à traduire Facebook apparemment n'en a pas encore eu le courage du ridicule que cela emportera.

À ce propros, il y a l'histoire du francophile qui arrive nouvellement sur Twitter et se met à l'idée, sans doute avec plus d'humour que d'autre chose, qu'il lui faudra adapter le jargon. Il se retrouve à interpeller ses amis sur le réseau, leur disant, "Tenez, je gazouille désormais. Bien entendu, mes gazouillis sont balbutiants."

Ce nouvel utilisateur de Twitter se serait mieux fait comprendre s'il s'en était tenu à dire, "Tenez, je tweete désormais. Bien entendu, mes tweets sont balbutiants."

Cela pour souligner que le Français a encore subi l'Anglais dans cette ère des réseaux sociaux, mais embrasser la "résosphère" ne devrait pas signifier que l'on cède à ce qu'elle a de plus banal.

Écrire pour la résosphère

Le journaliste par définition est celui qui vulgarise à travers une écriture très simple. Et il semble qu'il doit encore simplifier à partir du moment où il décide de se servir de Facebook et Twitter comme des prolongements de sa plateforme naturelle.

Dans la résosphère, il faut être plus lapidaire. Twitter impose une limite de 140 caractères par tweet. Pour communiquer une idée entière, on est souvent obligé de faire appel à des abréviations non-conventionnelles. On verra par exemple rvlt pour révolution, mdr pour mort de rire ou son équivalent anglais LOL.

À côté des abréviations, il faut aussi faire avec le hash tag. C'est un accessoire qui permet de référencer votre tweet dans les résultats de recherches sur Twitter. 

Mais il y a un véritable attrape-nigaud.

Tandis que l'on peut abuser du hash tag sans trop de compromission rédactionnelle, il est en revanche difficile pour un organe de presse sérieux de se cacher derrière les permissivités orthographiques et grammaticales en vogue sur la résosphère pour justifier un usage trop en cascade de la langue.

Puisque l'utilisateur peut tolérer les indécences de l'écriture quand elles ne sont pas sous un logo comme celui de la BBC. Alors, en tenant compte de cela, le journaliste devrait garder sa simplicité dans la résosphère, mais cette simplicité doit être une rigoureuse simplicité. Il peut faire bref. Mais il ne doit pas être banal.

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