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Accents d'Europe
3 juillet 2001
Ras le bol des grèves à répétition !
Pour finir, direction la France où, je vous le disais en début de cette émission, les Français sont les recordmans toutes catégories des mouvements de grève. Les syndicats sont pourtant ici moins puissants que dans certains pays voisins, peut-être est-ce lié alors à ce que les Allemands appellent le 'complexe révolutionnaire' des Français. Toujours est-il que si l'on fait moins la grève aujourd'hui qu'hier - il y a eu cinq millions de journées chômées sur la seule année 1976 - les piquets des employés grévistes font encore souvent la Une de l'actualité, et surtout depuis 1995, date des manifs des cheminots. Les précisions tout de suite de Sophie Béroud, chercheur au CEVIPOF, interrogée par Florent Guignard :
" Pour bien comprendre qui fait grève, il faut regarder un petit peu les cycles de grève puisque, en fait, on peut découper les décennies précédentes par rapport à des vagues de grèves, et on a pu assister à une reprise des grèves à partir de l'année 1986. Et cette reprise se situe essentiellement dans le secteur public avec, en 86, la grande grève des cheminots, durant l'hiver 86/87 et ensuite, une série de grèves qui sont notamment animées par des coordinations, chez les infirmières, chez les instituteurs. Il faut attendre quelques années pour voir des grèves dans le privé, il y en a en 94 dans plusieurs grandes entreprises privées, et puis surtout il y a 95, le grand mouvement social de novembre/décembre 95, qui se situe essentiellement dans le public. Et ceci a conduit à s'interroger en fait sur, justement, qui fait grève en France, pourquoi est-ce le secteur public essentiellement ? On a parlé, pour essayer d'analyser le mouvement social de 95, d'un phénomène de grève par procuration, avec l'idée que, il y a eu un [sic,une] telle détérioration de la situation salariale dans le privé, qu'il serait difficile de faire grève aujourd'hui pour ces salariés et il y aurait une sorte de report de la combativité vers le secteur public plus protégé, et donc ayant encore la possibilité de se lancer dans de grandes actions de grève. "
Grève par procuration, reste que ces arrêts de travail à répétition, notamment dans le secteur des transports, finissent par lasser les usagers. Ecoutez Claude Uclès, le vice-président de la F.N.A.U.T. Ile-de-France, il est au micro de Valérie Darmon :
" C'est le ras-le-bol, nous sommes devenus des clients, nous ne sommes plus des usagers théoriquement et donc on est clients, on veut un service public qui soit fiable, et ce qui n'est pas le cas. Nous sommes dans une société, d'abord où les gens se déplacent de plus en plus, donc sont de plus en plus exigeants, puisque par rapport à 40 ans, les gens sont partis en banlieue, donc ça a multiplié par un coefficient X les déplacements. Donc, moi je sais que personnellement quand j'étais en activité, je faisais une heure et demie le matin, une heure et demie le soir. "
Eh oui, trois heures ça fait long, quand en plus son train ne vient pas. Pour la Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports, il ne s'agit pas de remettre en cause le droit de grève, mais plutôt d'instaurer un service minimum, notamment aux heures de pointe. Claude Uclès :
" Généralement, ce sont les contrôleurs qui prennent les pots cassés, c'est certain. On refuse de donner son billet lors d'un contrôle, enfin c'est des mouvements d'humeur comme ça, mais, bon, l'essentiel, je trouve que c'est de pouvoir avoir un train et surtout d'avoir une information fiable aussi. Et on souhaite également, c'est que aux heures de pointe il y ait suffisamment de trains, pour une question de sécurité. On peut pas admettre s'il y a un train toutes les heures, avec des trains bondés, c'est pas viable. "
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