 |
Accents d'Europe
1 mai 2001
France
Les camps de harkis : un provisoire qui s'éternise
Les ghettos ne manquent pas non plus en France, même si, là encore, le terme très fort est presque toujours récusé par les habitants. Ghettos de Chinois et d'Africains dans Paris et sa banlieue, ghetto comorien à Marseille, on parle plus rarement du cas des Harkis, ces Algériens qui se sont rangés du côté des Français au moment de la guerre d'indépendance. Leur communauté représente aujourd'hui 800 000 personnes. Parqués dans des camps de fortune à leur arrivée, en 1962, ils sont, toujours aujourd'hui, dans des cités mal entretenues, de véritables pièges à misère et au chômage. De violentes émeutes ont eu lieu, il y a tout juste 10 ans, à Narbonne. Abdelkrim Klech est le responsable du collectif Justice Pour les Harkis :
" Aujourd'hui, ces cités de transit existent encore. Normalement, c'étaient des cités de transit provisoires. Et aujourd'hui, on voit que, à Narbonne, où encore il y a de la communauté harki qui habite encore dans la cité des Oliviers, à Amiens dans les Brucôteries bon, tous les gouvernements successifs, qui ont essayé pour réduire le problème du logement et tout, ne sont pas arrivés. Mais ils avaient pas une volonté de le faire, quoi. Dans la région PACA, il reste encore des camps. C'était, par exemple, Fuveau. Aujourd'hui Fuveau existe encore. C'est un camp de forestiers. Aujourd'hui, il y a encore 37 familles qui y habitent, ils sont exclus - c'est environ à cinq, six kilomètres du village et à 17 km d'Aix-en-Provence. Je peux dire, comme disaient certains de la communauté harki, des vieux qui disaient, ils disaient des " camps d'Indiens ". Excusez-moi, c'est le terme qu'ils emploient souvent. C'était un coup de gueuler d'avoir parqué les gens sans vraiment venir en aide. Aujourd'hui, cette communauté vit dans une situation précaire. Il y a plus de 60 % de la communauté harki, ils sont au chômage, la plupart des enfants de la première génération, ils sont surendettés. Ils ont laissé un toit en Algérie, ils étaient déracinés une fois, encore on les a parqués dans des camps - dans des " camps d'Indiens " - aujourd'hui, on se demande, il y a une réparation à faire, que l'Etat français prend ses responsabilités ! "
|
|
|