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Accents d'Europe
19 juin 2001
L'extrême droite affaiblie par les divisions d'actualité

Jean-Marie Le Pen
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Le reportage
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Le conflit électoral

En France, les élections municipales au mois de mars ont permis de constater que l'extrême droite, même divisée entre Front National et Mouvement National Républicain, restait importante. Elle est même parvenue à conserver trois des quatre villes conquises, il y a six ans. Orange, dans le Sud-Est, est l'une d'entre elles. Ecoutez le bilan que fait André Pacou, le président d'Alerte Orange, une association créée pour maintenir la vigilance :

" Tout le travail des quartiers a été empêché et condamné, autant que la mairie pouvait entraver toutes les actions des associations sociales et d'intégration. Bon, dans la bibliothèque, l'action en termes de culture, il y a quand même une orientation, afin qu'il n'y ait plus de livres un peu subversifs qui entraînent des réflexions pour aller vers l'ouverture d'esprit, quoi. Par contre, ils ont donné une importance extrême à tout ce qui est valeur de tradition, tout ce qui est patrimoine. Par exemple, dans l'abonnement des magazines, bon, Libération bien sûr a été résilié, par contre on a mis Présent, National Hebdo, donc c'est clair. "

Est-ce que quelque chose a changé dans l'atmosphère d'Orange ? :

" Bien sûr, au sens qu'on a vraiment l'impression d'être coupé en deux, avec les gens qui se parlent un peu moins. On se méfie quand on sent qu'on a quelqu'un en face qui n'est pas de ce bord-là, ben, on préfère éviter beaucoup de sujets, oui. "

Il n'en reste pas moins qu'au plan national, l'extrême droite est en nette perte de vitesse depuis un an. Et ce, pour plusieurs raisons, Pascal Perrineau chercheur au CEVIPOF, le Centre d'études de la vie politique française :

" C'est vrai que la division, due à un choc des hommes, à des ambitions contradictoires, mais aussi à des stratégies différentes de cette extrême droite, par rapport à la droite classique, a entraîné un affaiblissement électoral. Au fond, beaucoup d'électeurs se sont dit : 'Jusqu'à maintenant on votait pour un parti qui semblait différent des autres, ils sont pareils que les autres, et peut-être même pires que les autres. Ils s'affrontent dans des combats obscurs, avec une violence incroyable. Et donc une partie de cet électorat les a quittés et les a sanctionnés. "

Plus de 25 % des électeurs du Front National auraient ainsi repris leurs votes. L'extrême droite doit aussi affronter la concurrence de nouveaux partis, positionnés eux aussi très à droite, comme les formations de Charles Pasqua ou Philippe de Villiers. Mais ce n'est pas la seule raison de sa baisse. Pascal Perrineau :

" C'est le fait que depuis 2 ou 3 ans, les indicateurs économiques sont revenus au vert, ou du moins à l'orange, le chômage a baissé. Et dans ce contexte, qui est un contexte d'un relatif optimisme retrouvé, l'extrême droite a beaucoup moins de place pour faire passer son message qui est un message catastrophiste, qui exploite politiquement le malaise social et économique. Et comme ça va mieux, eh bien l'extrême droite, elle, va plus mal. "

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