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Accents d'Europe
10 juillet 2001
Les dangers de Sellafield
Le Royaume-Uni abrite une des centrales nucléaires les plus controversées d'Europe, celle de Sellafield, située dans une région rurale du Nord-Ouest de la Grande-Bretagne. Un site dédié au nucléaire qui a vu passer des générations et des générations d'usines depuis sa création, il y a cinquante ans. L'endroit a parfois changé de nom, mais ce qui n'a jamais changé, c'est la polémique qui l'entoure. Et pour cause, c'est là qu'en 1957 a eu lieu un des pires accidents de l'histoire du nucléaire. Un incendie a contaminé l'ensemble de la région. L'usine produisait du plutonium à des fins militaires, aujourd'hui elle sert au retraitement des déchets. Sur place, reportage de Julian Simpson, de la BBC :
Sellafield est régulièrement au centre de controverses au Royaume-Uni en raison des différents incidents qui se sont produits sur place depuis les années cinquante. Pour les adversaires du nucléaire, il y a de sérieux problèmes de sécurité et de pollution. Le débat sur l'avenir de Sellafield a même été porté au-delà des frontières britanniques. BNFL, la société qui gère le site, est ainsi en délicatesse depuis des années avec le gouvernement irlandais - l'Irlande est très proche de l'Ouest de l'Angleterre. Et puis, d'autres gouvernements d'Europe du Nord s'inquiètent aussi des effets que les déchets émanant de Sellafield pourraient avoir sur l'environnement. Pour Martin Forwood de l'association locale anti-Sellafield, CORE, ces pressions européennes devraient finir par porter leurs fruits :
" Pour ce qui est du nucléaire, je crois que le Royaume-Uni est toujours considéré comme le vieux cochon de l'Europe. C'est avant tout BNFL qui est responsable de cela, et je pense que, pour une fois, le bon sens va triompher et que l'environnement prendra le dessus sur les questions économiques. "
Du côté de l'industrie nucléaire, on répond que Sellafield souffre avant tout d'un problème d'image et que les derniers incidents en date sont mineurs. Jeremy Rycroft, directeur commercial de BNFL :
" Il y avait des usines qui étaient construites pour un rôle militaire, ou même quand les idées sur le [sic, la] sûreté étaient différents [sic, différentes]. Maintenant, on est en train de fermer les anciens ateliers et seulement utiliser les plus modernes. Et ce changement, petit à petit, à changé les résultats à Sellafield beaucoup et peut-être [que] les Verts, et ceux qui sont contre Sellafield, n'ont pas reconnu qu'on a fait beaucoup de progrès. "
Reste qu'au centre des activités à Sellafield il y a le retraitement des déchets nucléaires. BNFL voudrait aussi intensifier la production de combustible Mox, élaboré à partir des déchets. Mais les industriels eux-mêmes reconnaissent que ce type de procédé n'est plus considéré comme rentable, et risque de disparaître à l'échelle de 10-15 ans :
" Si on n'a pas un rôle pour le stockage ou de conditionner des combustibles, ce qui n'est pas du tout sûr en ce moment, après le retraitement, le site deviendra un site où on fait seulement le démantèlement des usines du passé. Moi, j'espère continuer le retraitement pendant plusieurs années, et puis essayer de trouver un rôle, ou dans le stockage ou dans le conditionnement, s'il y a vraiment un changement de politique chez les producteurs d'électricité. "
L'industrie nucléaire et les écologistes sont au moins d'accord sur une chose : On ne peut pas purement et simplement fermer Sellafield, même si du côté des militants de CORE, on souhaiterait voir BNFL abandonner les opérations de retraitement et renoncer à envisager d'autres options. Martin Forwood :
" Ils devraient cesser les opérations de retraitement ou renoncer à utiliser l'usine qui doit produire le Mox et gérer simplement la très grande quantité de matériel radioactif qui se trouve sur place. Nous ne demandons pas la fermeture de Sellafield. On ne peut pas fermer ce site. On peut arrêter le retraitement. Mais il faudra s'occuper de ce qui reste pendant des centaines d'années. Voilà l'héritage que nous laisse l'industrie nucléaire. "
Quels que soient les choix effectués dans les années à venir, une chose est donc certaine, Sellafield restera un site nucléaire. Le tout est de savoir s'il s'agira de gérer le passé ou si l'industrie nucléaire et le gouvernement britannique lui trouveront un nouveau regain.
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