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Accents d'Europe
10 juillet 2001
Encore de beaux jours pour le nucléaire
En France, EDF produit de l'électricité essentiellement à partir de ses centrales nucléaires et hydrauliques, respectivement 79 % et 15 % de la production d'électricité l'an dernier. Les centrales françaises devraient tourner au moins encore 40 ans, le parc sera renouvelé aux alentours de 2010. Trop loin de nous encore l'idée de revoir l'exploitation d'autres énergies, et d'ailleurs, il n'y a pas si longtemps, EDF faisait tout pour vanter les mérites du nucléaire :
" - Si vous dansez, si nous dansons là maintenant, c'est grâce à l'électricité, donc grâce au nucléaire. "
- Grâce à l'électricité, donc grâce au nucléaire, vraiment ?
- Tout à fait.
- Lucien, chante !
Aujourd'hui 75 % de l'électricité est nucléaire. "
L'ère du nucléaire a encore de beaux jours devant elle, même si l'idée que le tout-nucléaire doit toucher à sa fin commence à faire son chemin dans l'Hexagone, ailleurs que chez les écologistes, y compris chez EDF. Florent Guignard a rencontré Laurent Stricker, directeur de la production nucléaire chez EDF :
" Dans vingt ans on aura besoin de l'ensemble des sources d'énergie disponibles, dont le nucléaire, à hauteur de 80 %, certainement moins, c'est un peu difficile de donner le chiffre, compte tenu de la durée de vie des investissements. Une installation hydraulique, ça dure pas loin d'un siècle, une installation nucléaire ça dure, ben, en France on donne quarante ans, les Américains disent soixante. Aujourd'hui, l'énergie éolienne coûte à peu près trois fois plus cher que l'énergie nucléaire, donc c'est une question de choix, qui doit prendre en compte et les données économiques, indépendance énergétique et prix de revient de l'électricité, quel que soit le moyen de production, et les besoins de type écologique, pour répondre aux engagements qu'on vient de signer sur l'accord de Kyoto en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Donc il y aura des énergies renouvelables à hauteur de ce qu'on est capable de produire. Mais si vous prenez l'exemple de l'hydraulique, la plupart des chutes sont d'ores et déjà équipées, donc on ne remplacera pas les 80 % d'énergie nucléaire par 80 % d'énergie hydraulique, c'est impossible. "
Dans un monde aux ressources abondantes et aux préoccupations écolos, l'idée interpelle. Serait-il temps de passer à une énergie moins polluante ? Pour Hélène Gassin, chargée de mission énergie au sein l'organisation écologiste Greenpeace, rien n'est gagné. Elle est aussi interrogée par Florent Guignard :
" EDF ne peut plus se permettre de dire que la seule solution, c'est le tout-nucléaire. C'est pas tenable dans un marché européen, c'est pas tenable vu la distance que EDF commence à prendre par rapport à l'Etat français, et puis c'est pas crédible de dire que la seule solution c'est le nucléaire. Donc, effectivement, maintenant on parle de tryptique, on dit qu'il va falloir faire de la maîtrise de l'énergie, on dit qu'il faut faire des renouvelables, et on dit qu'il faut continuer le nucléaire. Ensuite, c'est la part des différentes techniques qui est plus mise en doute, effectivement EDF estime que 80 % de nucléaire, c'est trop et que le nucléaire serait plus adapté avec un seuil de 60 % ou des choses comme ça. Mais, ceci dit, la fermeture des centrales ne sera pas faite en avance, on va maintenir le parc jusqu'au bout. Pour nous le nucléaire n'est pas une technologie acceptable, c'est une technologie dangereuse, donc il faut l'abandonner le plus tôt possible, le plus rapidement possible. C'est une question de volonté, on ne peut pas laisser cette décision aux seuls électriciens, c'est un ensemble d'acteurs qui doivent la prendre. On en est encore assez loin, mais les choses pourraient s'accélérer. De là à dire que la volonté d'EDF c'est que la majorité de la production électrique soit renouvelable, certainement pas. "
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