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Accents d'Europe
5 Juin 2001
Les terribles pressions de l'enseignement privé

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reste cantonné, est accepté et respecté, ont été considérées, être soumis
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Le reportage
MOTS CLÉS Key words
La réussite professionnelle

Ecoles privées, d'accord, mais écoles privées de quoi ? Le bon mot des adversaires de l'enseignement privé en France reste cantonné… à la France, justement. Partout ailleurs en Europe, l'enseignement privé est accepté et respecté, faisant partie d'une variété de choix laissés aux parents et leurs enfants. Bien sûr, enseignement privé signifie, au départ, enseignement confessionnel. Mais les établissements véritablement religieux sont ultraminoritaires. Et, surtout, les réalités nationales peuvent être très différentes. C'est ainsi que l'enseignement public en Irlande est un enseignement catholique. On commence aujourd'hui cette promenade scolaire en Grande-Bretagne, où les écoles privées ont toujours été mieux considérées, même avant la crise actuelle du système public. Mais ce n'est pas pour autant un choix simple pour leurs parents. Dès leur plus jeune âge, en effet, les enfants peuvent être déjà soumis à de terribles pressions. Le privé à la place du public, avec Philippe Auclair de la BBC :

Mieux vaut avoir le portefeuille bien garni, si l'on entend donner une 'bonne éducation', entre guillemets, à ses enfants en Grande-Bretagne. Les maternelles publiques n'ont de place que pour moins de la moitié des enfants. Et, à raison de 3200 euros en moyenne par trimestre, le coût des maternelles privées est tel, qu'une grande partie des moins de cinq ans au Royaume-Uni ne bénéficie d'aucune éducation pré-scolaire. Mais même si vous disposez des ressources nécessaires, cela ne signifie pas que vous soyez au bout de vos peines. Les écoles privées fondent leur réputation sur la réussite de leurs élèves aux examens. Dès le plus jeune âge, ces élèves sont soumis à une pression constante. Tim, un Londonien d'une quarantaine d'années, a préféré retirer sa fillette du système privé, quand il a pris conscience des priorités de son école :

" Pour ces écoles privées, faire s'épanouir les enfants est moins important que leur bourrer le crâne. Car la plupart des parents sont obsédés par une chose, et une seule : leurs enfants doivent pouvoir intégrer une école comme il faut, après la maternelle, une 'prep school' ou une 'public school', qui sont, bien sûr, privées. "

Au Royaume-Uni, la disparité entre le niveau des écoles est telle, que trouver la 'bonne' pour ses enfants est plus une question de chance qu'autre chose. Le quartier où on habite, par exemple, peut déterminer le choix des parents dès la maternelle, comme l'explique David, dont deux des trois enfants sont passés par le privé, avant de rejoindre une école protestante, financée par l'Etat :

" Je crois que, pour la plupart des parents, ça dépend où on habite, s'il existe une maternelle gratuite ou non. Une chose qui est importante, c'est que, pour beaucoup des parents, l'école qu'ils vont choisir après la maternelle, si c'est une école privée, normalement ces parents-là choisiraient une maternelle privée, parce que c'est tout à fait dirigé pour aider les petits enfants à accéder au prochain niveau de l'éducation privée. "

L'enfant est donc placé sur des rails dès l'âge de 2 ou 3 ans. L'itinéraire éducatif est tout tracé : maternelle privée, 'prep school', 'public school', privées bien sûr et, on l'espère au bout, Oxford ou Cambridge. Et tant pis pour ceux dont la personnalité ne cadre pas avec ce qu'exige le système. La fille de Tim en a fait l'expérience :

" Même si les professeurs ne le souhaitent pas eux-mêmes, ils sont obligés de pousser les enfants autant qu'ils le peuvent, même à un âge aussi tendre. Et, du coup, elle travaillait moins bien. La lecture, qui pour elle avait été un plaisir, était devenue une corvée. L'enseignement était totalement dépourvu d'imagination. "

Dans le cas d'Anna, la fille de Tim, les choses sont allées encore plus loin. Elle avait quelques problèmes et ses parents furent convoqués dans le bureau de la directrice. Rappelons que la fillette avait alors tout juste cinq ans :

" Ils s'inquiétaient de son développement et nous ont suggéré de l'emmener voir un psychologue, ce que nous avons fait. Le psychologue nous a assuré que son développement était tout à fait normal. Notre fille souffrait de la pression à laquelle elle était soumise. On se demande alors si l'enfant est moins intelligente que les autres, alors que le problème, ce n'est pas l'enfant, c'est le système. "

Il est vrai que beaucoup de parents ambitieux apprécient ce système, qui leur garantit de futurs diplômés. Et pour ceux qui le refusent, il ne leur reste plus qu'à se battre pour trouver une place dans le public. Comme David le fit :

" Pour les maternelles qui ne sont pas privées, c'est très difficile d'avoir une place pour votre enfant. Et alors, là, j'ai mis deux mois, téléphoné tous les quatre jours pour demander 'Est-ce qu'elle a une place, est-ce qu'elle a une place ?' "

Ce qui explique pourquoi choisir le privé, quand on est Britannique, ce n'est pas forcément un choix, mais une nécessité.

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