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![]() Le rôle de l'Afrique du Sud
La tenue des prochaines élections en République démocratique du Congo est aussi une victoire pour l'Afrique du Sud. C'est, en effet, sous l'égide de Pretoria qu'ont été signés les accords de paix qui permettent à ce grand pays d'Afrique centrale d'organiser des scrutins avec, peut-être, l'espoir de tourner définitivement la page de la guerre, qui a fait plus de 3 millions de morts, selon les Nations unies. Il est 17H, ce 2 Avril 2003. Nous sommes à Sun City, une toute petite ville sud-africaine en pleine forêt, une sorte de parc d'attraction connu pour son grand luxe, non loin de Johannesbourg. Le gouvernement de Kinshasa et les mouvements rebelles qui contrôlent une partie du territoire congolais viennent à ce moment de signer les accords qui couronnent plus de deux mois de négociations en Afrique du Sud. La nouvelle tombe sur tous les téléscripteurs ! Le soulagement n'est pas perceptible qu'en RDC. Pour l'Afrique du Sud, en quête de reconnaissance de son leadership continental, cet accord est un succès diplomatique indéniable et Pretoria entend tout faire pour le protéger. Très vite cependant, l'euphorie qui a accompagné l'annonce de l'accord cède progressivement la place au scepticisme, au fur et à mesure qu'on découvre les détails du texte : la République démocratique du Congo sera dirigée par un président et quatre vice-présidents. Les analystes parlent d'un monstre à cinq têtes et personne ne parie sur les chances de survie de ce singulier attelage. Et pourtant, le parrain sud-africain y croit. A deux reprises cependant, le médiateur a dû se rendre en urgence à Kinshasa, pour éviter que l'accord ne vole en éclats. Une fois, c'est l'ex-chef rebelle et vice-président Azarias Ruberwa qui venait de claquer la porte du gouvernement pour regagner son fief de l'Est. Ensuite, c'est un autre ancien chef rebelle que le président sud-africain est obligé de ramener dans le processus. En plus de ses interventions sur le plan diplomatique, l'Afrique du Sud est également engagée militairement au Congo. En effet, un contingent de près de 1400 soldats sud-africains prend part à la Mission de maintien de paix des Nations Unies, la MONUC. C'est la plus grande participation africaine. Les soldats sud-africains sont essentiellement déployés dans l'Est de la RDC, zone sensible où des mouvements résiduels sont encore actifs. Dans le cadre des élections, Pretoria a imprimé la totalité des bulletins pour les 33 candidats à la présidentielle et les quelque 9500 aspirants députés. Si les Nations Unies, à travers le PNUD, financent le coût de l'impression, en revanche, c'est le gouvernement sud-africain qui a pris en charge l'acheminement de plus de deux mille tonnes de bulletins à Kinshasa et la distribution dans les onze provinces de ce vaste pays. L'Afrique du Sud a, par ailleurs, annoncé le déploiement de 128 observateurs et de près de 300 agents de soutien logistique - essentiellement des informaticiens qui appuient la commission électorale congolaise, à sa demande. Ils vont rester au Congo jusqu'au 21 Août, autrement dit, jusqu'à la proclamation des résultats des scrutins. Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a révélé que les autorités sud-africaines encourageaient d'autres pays à envoyer des observateurs en RDC. "Ceci permettrait que les élections soient reconnues justes et transparentes, ce dont le pays a besoin pour aller de l'avant", peut-on lire dans un communiqué du gouvernement sud-africain. |
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