Présidentielle 2006 en RDC
 
La guerre
 

Présidentielle 2006 en RDC

La guerre

 


Par Charles Bambara


La fin du régime Mobutu a coïncidé avec l'émergence de pays voisins du Zaïre, qui tentaient de se positionner comme puissances régionales. Le Rwanda et l'Ouganda, mais aussi le Zimbabwé et l'Angola ont ainsi émergé dans cette quête de leadership sous-régional.

Certains experts estiment que les incursions rwandaises qui, selon Kigali, visent à déloger les milices hutues extrémistes responsables du génocide rwandais ont encouragé les rebelles congolais, de même que divers autres groupes armés qui ont lancé des attaques en vue de renverser le régime de Mobutu.

Au plus fort des combats, en 1998, il y avait neuf armées nationales impliquées dans les combats, chacun avec des raisons différentes : le Rwanda, l'Ouganda le Zimbabwé, l'Angola, la Namibie, le Tchad, le Soudan, l'Erythrée et le Burundi.

Guerre africaine

En 1996, l'Ouganda et le Rwanda avaient ouvertement soutenu Laurent Désiré Kabila, le chef de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo. Les deux pays avaient des forces rebelles ou des groupes hostiles qui utilisaient le territoire du Zaïre comme couloir ou base de repli stratégique.

Mais après avoir été déçus par le président Laurent Désiré Kabila, l'Ouganda et le Rwanda allaient lancer une deuxième rébellion - cette fois-ci avec un mouvement appelé le RCD, le Rassemblement Congolais pour la Democratie. C'est alors que le Zimbabwé, la Namibie et l'Angola décidèrent de soutenir le président congolais.

Avec 12 mille hommes impliqués dans les combats, le Zimbabwé a été à un moment donné l'allié le plus présent sur le terrain du régime de Kinshasa. Mais grâce à leur métier, les soldats angolais allaient stopper les rebelles du RCD et leurs alliés à Kitona, à 300 km de Kinshasa.

Des unités militaires du Tchad, du Soudan et de l'Erythrée n'ont pas duré en RDC, mais différentes sources ont confirmé leur présence à l'époque.

Et même si Bujumbura a régulièrement nié la présence des troupes burundaises au Congo, les officiels congolais, eux, ne cessaient de la dénoncer. Plusieurs fois, on a, en effet, signale la présence de mouvements rebelles burundais en RDC.

Au plan diplomatique, l'ancienne OUA, l'Organisation de l'Unité Africaine, a été très active. Ses appuis les plus solides sont venus de l'Union européenne et des Nations Unies. Le Conseil de Sécurité a organisé beaucoup de missions en RDC et Aldo Ajello, l'envoyé spécial de l'Union Européenne pour la région des Grands Lacs, a été aussi très actif, encourageant toutes les initiatives de paix.

Médiations tous azimuts

Mais plusieurs pays africains ont véritablement tenté d'obtenir un accord et de restaurer le calme et la paix en RDC. Sont de ceux-là : le Gabon, la Libye, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana et particulièrement l'Afrique du sud qui a poussé les parties en conflit à négocier.

Les présidents Bongo du Gabon et Khadafi de Libye, dans leurs tentatives pour s'imposer au niveau régional ou continental, ont tenté de s'impliquer pour obtenir la paix.

Très longtemps également, la Zambie a été impliquée dans les négociations de paix. Le premier accord de paix inter-belligérant a été signé en Août 1999 à Lusaka.

Quett Masiré, l'ancien président du Botswana en tant qu'envoyé spécial des Nations unies pour la RDC, a organisé plusieurs médiations dans son pays.

Mais c'est Nelson Mandela qui, par son implication personnelle, a démontré à quel point un accord de paix en RDC était important pour l'Afrique.

Cet engagement de l'Afrique du sud a finalement payé avec la signature de l'accord de paix de Pretoria en Décembre 2002. Un accord qui a permis la mise en place d'un gouvernement de transition et l'organisation d'élections générales dans le pays.
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