Journée Guinée sur BBC Afrique
 

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- Lansana Conté

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- Lansana Kouyaté

Lansana Conté et Lansana Kouyaté

Lansana Conté

 

Le président guinéen, Lansana Conté, est un officier d'origine modeste propulsé aux commandes d'un pays dont le sous-sol très riche n'a jamais profité à la population, restée très pauvre.

A la tête de la Guinée depuis 1984, le général Conté, âgé de 73 ans, est affaibli depuis plusieurs années par la maladie, un diabète et une leucémie qui l'ont obligé à déléguer, progressivement, une partie de ses pouvoirs.

Il aime se décrire comme un "paysan-soldat" venu à la politique par accident.

Fils d'agriculteur rapidement devenu "enfant de troupe" après un passage à l'école coranique, il est notamment formé à Bingerville, en Côte d'Ivoire, et Saint-Louis, au Sénégal.

Enrôlé en 1955 et envoyé en Algérie, il quitte l'armée française avec le grade de sergent à l'indépendance de la Guinée, en 1958.

Il gravit ensuite les échelons, devenant capitaine en 1971, puis commandant de la région militaire de Boké, dans le nord-ouest du pays.

Il participe alors, en Guinée-Bissau, à la guerre de libération contre les Portugais. En 1975, il est nommé chef d'état-major adjoint de l'armée de terre.


Le 3 avril 1984, une semaine après la mort d'Ahmed Sékou Touré, qui dirigeait la Guinée depuis 1958, une junte, le Comité militaire de redressement national (CMRN) prend le pouvoir et porte Lansana Conté à sa tête.

Conté, alors colonel effacé et timide, devient chef de l'Etat.

L'homme, promu général en 1985, rompt alors avec la dictature à économie centralisée imposée par Sékou Touré et opte pour le libéralisme économique. En 1990, il fait adopter une nouvelle constitution et instaure le multipartisme en 1992.

Parallèlement à cette apparente ouverture, il s'emploie à réhabiliter le régime de fer de l'homme qui avait dit "non" à de Gaulle en 1958.


Lansana Conté est élu président en 1993, puis réélu en décembre 1998, après des scrutins contestés par l'opposition. A la faveur d'une modification de la constitution lui permettant de briguer un nouveau mandat, il est encore réélu fin 2003.

Etat de santé

Un peu avant cette élection, boycottée par les principaux partis d'opposition, le président Conté avait reconnu avoir des douleurs aux pieds, du fait du diabète. Le jour du scrutin, il avait voté à bord de sa voiture en raison de sa difficulté à marcher.

Son état de santé, aggravé par une leucémie diagnostiquée début 2006, donne lieu depuis 2002 à des rumeurs récurrentes sur sa mort.

Absent des réunions internationales ces dernières années, le général Lansana Conté séjourne la plupart du temps dans sa ferme à une quarantaine de kilomètres de Conakry, d'où il gère le pays, ce qui fait dire à l'opposition qu'il y a une "quasi-vacance du pouvoir".

Le 19 janvier 2005, Lansana Conté sort indemne de ce qui semble être une tentative d'assassinat : de retour de l'aéroport de Conakry, son cortège est pris pour cible.

Plus tard, il déclarera qu'il a survécu parce que "Dieu n'avait pas encore décidé que c'était temps qu'il meure".

Début novembre 2006, il annonce qu'il ira au bout de son mandat, qui s'achève en 2010, malgré son état de santé.

Des manifestations aux allures d'insurrection, déclenchées par les principaux syndicats en janvier et février 2007, obligent Lansana Conté à nommer un premier ministre doté de larges pouvoirs, en la personne de Lansana Kouyaté.
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