La Guinée après Conté
 
Quel avenir pour la Guinée ?
 
Amadou Diallo et Béatrice Murail

Les responsables du coup d'état en Guinée indiquent qu'ils vont mettre sur pied un Conseil national de transition dans les jours qui viennent. Le Capitaine Moussa Tadis Camara, qui s'exprimait à la radio nationale, a indiqué que le Conseil serait dirigé par un président et qu'il comprendrait des militaires et des civils en fonction, notamment, de leur appartenance ethnique.

Une dizaine d'ethnies cohabitent pacifiquement en Guinée, mais les responsables du putsch ont montré qu'ils avaient une connaissance aiguë du peuple guinéen en annonçant que des membres de toutes ces communautés seraient invités à rejoindre le Conseil de transition, s'assurant ainsi l'adhésion de la population.

Si un de ces groupes, qui correspondent aux quatre regions naturelles du pays n'avait pas été pris en compte, il se serait senti sous-représenté.

Le Président Lansana Conté s'était également assuré de nommer aux affaires publiques des Peuls, Malinké, Soussou et Forestiers, mais il avait aussi promu des membres de sa propre ethnie soussou, notamment au sein de l'Assemblée nationale et de l'armée, ce qui avait provoqué un ressentiment chez de nombreux Guinéens.

Le facteur ethnique a joué un rôle prépondérant dans la région au cours des deux dernières décennies, à l'occasion des guerres civiles qui ont déchiré deux des pays voisins de la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.

La Guinée a réussi à ne pas se laisser entrainer dans ces conflits et maintenant que la paix a été rétablie chez ses voisins, ce fragile équilibre doit être préservé et les nouvelles autorités de Conakry ont prouvé qu'elles en étaient conscientes.
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