PRESENTATION DES CANDIDATSLA CAMPAGNE ELECTORALE  
Présidentielle 2006 au Bénin
 
La question de la révision
 

Les candidats à la présidentielle de mars 2006 au Bénin

La question de la révision constitutionnelle

 

Le chemin vers les élections de mars 2006 a été parsemé de moments de tension, mais aucun incident violent n'a été enregistré. Le débat a principalement porté sur une éventuelle prolongation du mandat du président sortant, soit par le biais d'un report de la date de l'élection, soit par voie de modification de la constitution, afin de lui permettre de briguer un nouveau mandat de cinq ans à la tête de l'Etat ; certains de ses concitoyens soupçonnaient Mathieu Kérékou de ne pas avoir l'intention de passer le témoin, pour diverses raisons, et sur la base de divers scénarios concoctés dans les états-majors des partis politiques.

Désormais, tout porte à croire que le scrutin aura lieu à la date prévue, et le président Kérékou, qui s'est gardé de désigner un dauphin, ne participe pas à la course.

Couplage

Un groupe hostile à l'organisation du scrutin à la date du 5 mars, le Front National pour le couplage des Elections (présidentielle, législatives et communales en 2008, NDLR), proche du colonel à la retraite Martin Dohou Azonhiho, a appelé à une suspension du processus électoral, à cause de « sérieuses irrégularités. »

La plupart des organisations de la société civile béninoise et des médias privés ont imputé la responsabilité de cette confusion aux membres du gouvernement, qu'ils accusent de chercher à prolonger leur mandat en militant en faveur d'une prolongation de celui de Kérékou.

En décembre 2005, une coalition d'Organisations non-gouvernementales ont accusé le ministre des Finances de surfer sur les opinions putschistes dans le pays, afin de faire dérailler le calendrier électoral.

La société civile en première ligne

Les médias privés béninois se sont également montrés furieux. Dans un article paru le 9 janvier, le quotidien Fraternité a prévenu que le pays glisserait vers une crise aux conséquences incalculables, si les élections n'étaient organisées à la date prévue.

Le même journal revient à la charge quelques jours plus tard, en écrivant que "Dieu n'aime pas plus le Bénin que les autres pays de la sous-région plongés dans la crise."

Le quotidien Le Matinal a de son côté accusé le président de se livrer aux "manoeuvres les plus inimaginales" en vue de conserver le pouvoir après le mois d'avril.

"La Nouvelle Tribune" a exhorté les Béninois « à continuer de se mobiliser, dans la mesure où les ennemis de la démocratie béninoise n'ont pas encore déposé les armes. »

"Pas de report possible"

Toutefois, le président de la Commission Electorale, Sylvain Nouwatin, a rejeté toute idée de report des élections, et invité tous les partis politiques du pays à la vigilance, et à s'abstenir d'actes préjudiciables à une organisation réussie du scrutin.

Selon le professeur Nouwatin, cette vigilance devrait contribuer à assurer la survie de la démocratie au Bénin.

Vide constitutionnel

Dans un récent article, l'IRIN, l'agence d'information des Nations unies, avait attiré l'attention sur le fait que tout report du scrutin aurait un impact profond sur la vie constitutionnelle du pays, dans la mesure où la constitution est restée muette sur le cas de figure redouté par nombre de Béninois : l'impossibilité matérielle d'organiser des élections, faute de ressources financières.

Dans une récente interview à l'hebdomadaire Jeune Afrique/L'Intelligent, le candidat du PSD - le Parti Social Démocrate - à l'élection présidentielle, Bruno Amoussou, a déclaré que « les risques de déstabilisation ne manquent pas dans la sous-région, et sont même plus grands après le long règne d'une personnalité de l'envergure du président Kérékou. »

Le président semble avoir compris le message, en convoquant début novembre 2005 le corps électoral pour un scrutin présidentiel, à la date du 5 mars.
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