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RDC: au front avec les rebelles
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Les opérations militaires continuent dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu en République démocratique du Congo.
Soutenues par la Mission des Nations Unies, la MONUC, les troupes congolaises ont pour but de chasser les rebelles rwandais des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), mais également tous les groupes armées congolais qui refusent d'intégrer l'armée nationale. Ainsi, dans la région de Lukweti au Nord Kivu, les troupes gouvernementales - Forces armées de République démocratique du Congo, FARDC, se heurtent à la résistance d'un groupe Mai-Mai qui conteste l'intégration des anciens hommes du CNDP de Laurent Nkunda. Les opérations militaires sont lourdes de conséquences pour les civils qui ont souvent été pris délibérément pour cible ces derniers mois, notamment par les soldats du gouvernement. La Bible en main, les bras vers le ciel, un pasteur lance une prière pour bénir les commandants Mai-Mai assis, la tête baissée et les yeux fermés. L'Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (l'APCLS), à majorité Hunde, est dirigée par le général Janvier. Treillis militaire et bottes bleues, il explique pourquoi il refuse d'intégrer l'armée nationale :
«Nous, nous ne refusons pas le principe d'intégrer l'armée nationale, mais lorsque la conférence de paix a été organisée à
Goma, notre délégation a été marginalisée comme si elle ne comptait pas. Estimée à quelque 1.500 hommes, l'APCLS du général Janvier, issu de la coalition PARECO, est probablement le groupe Mai-Mai le plus important de la province.
Prêt à rentrer dans les rangs de l'armée, Janvier a regagné les montagnes du territoire de Masisi, accusant le gouvernement d'avoir favorisé les rebelles du CNDP - qui menaçaient de prendre Goma l'an dernier - en leur donnant bon nombre de postes de commandement. Faustin Musubao, désormais gendre du général rebelle, est en charge de la logistique. Il explique pourquoi lui et ses hommes ont pris les armes. "On se bat contre les FARDC à cause de leur alliance avec le CNDP. Avant nous nous battions contre la rébellion de Nkunda et nous renforcions même les FARDC." Les Mai-Mai de l'APCLS affirment se battre pour protéger les terres de la communauté Hunde des combattants du CNDP qui, selon eux, profitent de leurs positions au sein de l'armée pour prendre leurs fermes. Dans la région de Lukweti, Janvier a gagné en influence ces derniers mois, surtout depuis que certaines unités de l'armée régulière ont délibérément pris des civils pour cible pendant les opérations. Des dizaines, peut-être des centaines de personnes ont ainsi été tuées. Voici le témoignage d'un homme qui a pu s'échapper
lors de l'attaque de son village, Ndorumo : La Mission des Nations Unies, la Monuc, qui soutient les FARDC dans leurs opérations, a depuis retiré son assistance à la 213ème brigade commandée par des anciens rebelles du CNDP et en charge de la zone.
Par un cri de guerre, un éclaireur Mai-Mai alerte une position avancée de l'arrivée des troupes gouvernementales. Après s'être aspergés d'eau en invoquant leurs ancêtres pour se protéger des balles, les combattants APCLS, dont bon nombre d'enfant-soldats, certains avançant pieds-nus dans la boue - se dirigent d'un pas pressé vers la ligne de front. Les combats s'intensifient lorsque l'armée nationale attaque de tous cotés, prenant brièvement le QG du général Janvier à
Lukweti. Les rebelles rwandais des FDLR sont là pour appuyer ses hommes qui repoussent finalement l'avancée des troupes gouvernementales. " Les combats se déroulent sur les deux rives de la rivière Osso; l'ennemi (FARDC) garde la rive gauche et nous, nous gardons la rive droite. Le blesse a été grièvement touché par les balle au cours des combats."
A l'aube, tandis que quelques combattants FDLR ont laissé leurs kalachnikovs de cote pour creuser la tombe du défunt, le major Blaise explique pourquoi ils sont venus en aide à l'APCLS : « L'ennemi est venu attaquer la population et puisque cette population nous a hébergés pendant plus de 15 ans, nous sommes intervenus pour défendre cette population. Normalement, nous sommes dans une zone qui est le fief de l'APCLS. Puisque notre ennemi est le même, nous sommes obligés de cohabiter pacifiquement. Lorsque l'APCLS nous appelle pour défendre la population, nous répondons car nous avons une dette envers cette population »
Après quelques heures de marche dans la boue, nous regagnons la position avancée de Kilambo, juste avant la zone tampon. Un groupe de déplacés vient d'arriver. Cette femme dit avoir été violée par deux soldats FARDC lors des combats de la veille : "Ils m'ont amenée dans la foret ou ils m'ont violée chacun à son tour: quand le premier a fini, le deuxième a enchainée. Puis quand ils ont entendu des tirs, celui qui était entrain de me violer s'est retiré et ils ont fui. Depuis, j’ai beaucoup de douleurs.» Les casques bleus n'ont toujours pas pu entrer dans la zone contrôlée par l'APCLS. Fin septembre, la Monuc a envoyé ses hélicoptères
de combats pour appuyer une opération FARDC et depuis, elle doit faire face à l'hostilité des hommes du général Janvier. |
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