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Liban: elections législatives dimanche
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Élections législatives aujourd’hui au Liban, où près de 600 candidats se disputeront 128 sièges du Parlement répartis à parité
entre chrétiens et musulmans.
Le scrutin mettra aux prises la majorité parlementaire appuyée par l'Occident et l'opposition, menée par le Hezbollah chiite allié au général Michel Aoun, appuyée par la Syrie et l'Iran. Journée de toutes les tensions, mais également de tous les enjeux ! Tous les observateurs sont d’accord sur un point: maîtres du scrutin, c’est aux Libanais de jouer. Pendant plus de trois mois, majorité pro-occidentale et opposition soutenue par Damas et Téhéran ont eu tout le loisir d’affuter puis d’étaler leurs arguments, mais c’est maintenant aux urnes de donner leur verdict. Les protagonistes d’abord. Il y a d’un côté la majorité actuelle, une entité politique plurielle regroupant musulmans, sunnites, la plupart des druzes, et une partie des chrétiens. Ils sont tous farouchement anti-syriens et proches du monde arabe et de l’Occident ; en face, l’opposition est menée par le tout puissant Hezbollah, un parti islamiste chiite, allié à l’autre partie des chrétiens et une constellation de petits partis pro-syriens.
En fait, on peut dire sans se tromper que dans les secteurs musulmans du pays les jeux sont pratiquement faits : l’écrasante majorité des sunnites se rangent sous la bannière de Saad Hariri, l’actuel chef de la majorité sortante ; et la quasi-totalité des chiites sont acquis au Hezbollah. Ce qui fait que c’est dans le pays chrétien que la véritable bataille électorale aura lieu. Très courtisé, l'électorat chrétien pourrait en effet faire basculer le scrutin dans un sens ou dans l'autre. Mais c’est surtout le programme politique des uns et des autres qui explique l’importance de l’enjeu de ces législatives. Pour beaucoup ici, il s’agit en fait d’un choix de société. La majorité actuelle veut maintenir le Liban à l’écart des axes régionaux, garder de bons apports avec le monde arabe et l’Occident, et revenir à l’accord d’armistice avec Israël. Le Hezbollah, en revanche, a fait de la lutte contre l’État hébreu son principal cheval de bataille. Depuis sept ans, le parti islamiste entretient un arsenal impressionnant, constitué de dizaines de milliers de missiles et de roquettes pointés sur Israël, et veut faire du Liban un pays de confrontation. Son éventuelle victoire aux élections risque donc de modifier profondément le visage du pays. Pour les Libanais donc, le scrutin d’aujourd’hui tourne surtout autour du Hezbollah, un véritable État dans l'État… sauf que l'État libanais est pratiquement inexistant. |
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