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24 Avril, 2009 - Heure de publication 18:51 GMT

La crise financière compromettra les objectifs du millénaire

Dans leur “Rapport de Suivi Mondial”, le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale estiment que “l’Afrique ne pourra pas tenir le premier Objectif du Millénaire pour le Développement”, à savoir la réduction de moitié de l’extrême pauvreté d’ici 2015 par rapport à ses niveaux de 1990.

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement ont été fixés en l’an 2000, lors d’un sommet international que l’ONU avait organisé à son siège à New York.

La réduction de l’extrême pauvreté est l’objectif principal et s’accompagne de sept autres qui sont relatifs notamment à la sante et à l’éducation.

Dans leur rapport conjoint, le FMI et la Banque Mondiale previennent cependant que “l’Afrique sub-saharienne est en retard sur tous les objectifs”, l’Asie du Sud étant l’autre région du monde en développement à avoir le moins progressé au regard des Objectifs du Millénaire.

L’Afrique a notamment un taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans qui à seulement 61 pour 1000. En Afrique, la mortalité maternelle à l’accouchement est de 9 pour 1000, bien au-dessus de l’objectif du Millénaire en la matière qui vise un taux de 2,3 pour 1000.

Le FMI et la Banque Mondiale soulignent que “la perspective d’atteindre les Objectifs du Millenaire pour le Développement d’ici 2015 était deja sérieusement mise en doute” avant la crise économique mondiale qui a éclaté l’an dernier.

Malgre des taux de croissance importants dans la decennie qui a précédé la crise économique actuelle, d’énormes obstacles continuaient en effet de ralentir les progrès de l’Afrique et d’autres régions en développement, notamment la croissance démographique, l’endettement des gouvernements, les fluctuations des matières premieres et des denrées de base, ainsi que les difficultés d’accès aux marchés internationaux.

Mais les deux organisations internationales indiquent que la perspective de tenir les objectifs du Millénaire “parait encore plus éloignée”, en raison des retombées d’une crise qui comporte au moins trois volets pour les pays en développement: un volet financier, un volet alimentaire et un volet petrolier.

A ce stade, le FMI et la Banque Mondiale calculent que les rangs de ceux qui vivent dans la pauvreté extrême, c’est-à-dire avec moins d’un dollar et vingt cents par jour, pourrait gonfler de 90 millions de personnes, rien que cette année.

Les deux institutions de Bretton Woods estiment aussi que le nombre de personnes souffrant de la faim de manière chronique, qui était de 960 millions l’an dernier, devrait dépasser allègrement un milliard cette année.

Le FMI et la Banque Mondiale appellent la communauté internationale à réagir “avec force et coordination” aux dangers qui pèsent sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Ces organisations demandent notamment aux 20 pays les plus industrialisés, eux-mêmes frappés par la crise, de résister à la tentation du protectionnisme.