14 Janvier, 2009 - Heure de publication 07:41 GMT
Thomas Fessy
BBC Afrique, Kinshasa
En République démocratique du Congo, le bilan des attaques de l’Armée de Résistance du Seigneur est porté à 537 morts depuis le mois de septembre de l'année dernière en Province Orientale, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés.
Le HCR estime à plus de 400 le nombre de personnes enlevées, dont des dizaines d’enfants, dans les villages situés au Nord de la localité de Dungu.
Malgré une offensive militaire conjointe lancée à la mi-décembre par les forces congolaises et ougandaises, la rébellion ougandaise de Joseph Kony continue à semer la terreur dans la région.
La situation est critique, selon les agences onusiennes en mission d’évaluation dans le Nord-Est du pays, en Province Orientale.
Et les attaques se poursuivent.
Le week-end dernier, 22 personnes ont été tuées à Sambia, à une centaine de kilomètres à l’Est de Dungu et à Kana, au Nord-Ouest.
Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires indique que les rebelles ougandais attaquent ainsi les villages de manière sporadique dans un rayon d’une centaine de kilomètres d’Est en Ouest par rapport à Dungu.
Tentant de poursuivre une offensive militaire commencée il y a un mois, les forces congolaises et ougandaises ont du mal à localiser les combattants de l’Armée de Résistance du Seigneur et cherchent à sécuriser des villages déjà traversés par les rebelles.
Leur chef, Joseph Kony, en guerre depuis deux décennies avec le gouvernement ougandais, a appelé au cessez-le-feu mais les attaques restent nombreuses dans cette région frontalière avec le Sud-Soudan et la République Centrafricaine où la LRA a également commis des atrocités.
Les Nations unies estiment à plus de 100 000 le nombre de déplacés dans cette région, tandis que dans les villages, la population a organisé ses propres groupes d’auto-défense.
De source onusienne, on indique que des éléments de la LRA ont été arrêtes vers Durba à plus de 200 kilomètres à l’Est de Dungu, trois ont été tués, dont un lynché, puis mutilé.
Le dernier a été remis aux autorités locales.
A Nyangara, à l’Ouest de Dungu, un rebelle a également été appréhendé par un groupe d’auto-défense.
A Dungu, la présence militaire a été largement renforcée et les déplacés sont dispersés dans des familles d’accueil mais beaucoup tentent de regagner certains villages préférant la proximité des champs à cultiver que l'attente d'une aide humanitaire qui peine à venir du fait de l’isolement de la zone et de l’insécurité.