05 Septembre, 2008 - Heure de publication 17:24 GMT
Les angolais se rendent aux urnes pour la première fois depuis 16 ans, pour élire des députés.
Près de 8 millions d'électeurs angolais doivent choisir 220 députés parmi 14 partis et coalitions. Les jeux semblent déjà faits. Le parti au pouvoir, le MPLA, est assuré de conserver le contrôle du Parlement face à une coalition hétérogène menée par le parti d'opposition, l'Unita.
Dans l'ensemble, les opérations de vote se déroulent sans heurts. Des délais ont toutefois été observés lors de l'ouverture de quelques bureaux de vote. Et dans certains quartiers de la capitale, Luanda, l'organisation du vote laissait à désirer, selon la chef de la mission d'observation électorale de l'Union Européenne, Luisa Morgantini.
" La façon dont les choses se passent sur le terrain à Luanda, ou plutôt dans certains quartiers de Luanda pose problème" a déclaré l'Eurodéputée italienne à la BBC.
Une nouvelle ère
"Pour la première fois, les partis politiques ne montent pas les gens, et en particulier, les jeunes, les uns contre les autres" se réjouit Luis Samakundi, un enfant soldat. "Espérons que le résultat sera accepté par tous "s'inquiète-t-il.
" Nous croyons qu'une nouvelle ère vient de s'ouvrir en Angola, après tant d'années de guerre " a déclaré Alcides Sakala, chef du groupe parlementaire de l'Unita.
L'Angola se reconstruit peu à peu depuis 2002, après 27 années de guerre civile. Mais Sakala pointe du doigt le manque criant de justice sociale en Angola.
" La distribution des richesses dans notre pays est injuste" a-t-il déclaré à la BBC. " En Angola, premier pays africain exportateur de pétrole, les deux tiers de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté.
" L'Angola est un pays très riche, mais ses richesses sont détenues par une minorité tandis que l'immense majorité ne possède
rien" constate amèrement M. Sakala.
Tensions
En première page du Jornal de Angola, un quotidien d'Etat, pas de photo de M. Santos ce jeudi. Une première. Au cours de la campagne électorale, l'Unita a accusé le MPLA d'avoir intimidé ses partisans et monopolisé les medias gouvernementaux.
Mais d'après Caetano de Sousa, chef de la commission électorale angolaise, la campagne se serait déroulée de manière équitable envers les différents partis.
Le MPLA, qui dispose de moyens financiers importants, est largement favori pour le scrutin législatif. Un échauffement pour le parti avant les élections présidentielles de 2009, selon Peter Biles, journaliste a la BBC.
Ces élections marquent cependant un tournant pour la démocratie en Afrique Sub-saharienne, après les évènements au Kenya et au Zimbabwe cette année.
La guerre civile, qui avait démarrée dès l'Indépendence de cette ancienne colonie portugaise, avait repris de plus belle après les élections de 1992.
Rafael Marques, un militant pour les droits civiques et journaliste, a couvert les élections de 1992. D'après lui, un retour à la guerre ne serait pas à craindre, même si des tensions restent palpables.
"La population a encore peur. Les entreprises étrangères implantées en Angola recommandent à leurs employés de ne pas sortir de chez eux" explique Marques, " et certains magasins ont même fermé plusieurs jours avant les elections.