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Dernière mise à jour: 23 Août, 2008 - Heure de publication 16:58 GMT
 
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Ouganda: la crise alimentaire profite aux petits exploitants
 
Des agriculteurs ougandais
L'embellie pourrait être de courte durée pour les agriculteurs
Le Programme alimentaire mondial s’est tourné vers les producteurs locaux en raison de l'augmentation des coûts d'acheminement maritime dus à l'envolée des prix du pétrole, et des denrées alimentaires.

"Le PAM a sauvé les fermiers", lance Paul Masaba, qui cultive du maïs, des pommes de terre, du blé et du café à Kapchorwa, un bourg niché au pied du Mont Elgon, dans l'est de Ouganda.

Dans ce pays la crise alimentaire est une aubaine pour les agriculteurs depuis que le PAM s'est tourné vers eux pour ses approvisionnements.

Depuis 2007, la branche ougandaise du PAM a diminué ses importations de denrées alimentaires, notamment en provenance des Etats-Unis, l'un des principaux contributeurs de l'agence onusienne.

Elle a décidé de privilégier l'achat sur place de cereals multipliant ainsi les revenus des paysans.

Le PAM s’est tournée vers les producteurs locaux en raison de l'augmentation des coûts d'acheminement maritime dus à l'envolée des prix du pétrole, et des denrées alimentaires.

"A présent, nous avons des débouchés tout trouvés et des prix honnêtes", se félicite le producteur Paul Masaba.

Il espère vendre 300 sacs de maïs au PAM cette saison pour un environ 700 dollars.

Avant de rejoindre l'Association commerciale des fermiers de Kapchorwa et d'accéder par ce biais à un contrat avec le PAM, Masaba travaillait "à perte", en raison notamment de débouchés insuffisants et de faibles rendements.

Bill Gates
Profitant d'un marché intérieur morose et de l'absence de prix fixés,
des "intermédiaires" achetaient les récoltes à prix bradés avant de les revendre à des exportateurs avec une marge très confortable, expliquent plusieurs exploitants.

"Maintenant, nous avons des prix corrects", se rejouit l'une de ses petits exploitants, Grace Cheberen. "Avant, notre maïs n'avait pas de prix", raconte-t-elle.

Les habitants de la région lui achetaient son maïs à la hauteur de leurs moyens, dérisoires. Souvent à la moitié du prix de production.

"Je suis heureuse que ma production ait pris de la valeur . Ce qui me permet de pouvoir payer les frais de scolarité de mes enfants", explique Grace, qui a investi une partie des 2.100 dollarsgagnés en 2007 avec le PAM dans la construction d'un magasin en dur.

Le PAM envisage aussi un partenariat avec la Fondation Bill et Melinda Gates pour augmenter ses commandes auprès de petites coopératives du continent africain.

L'embellie pourrait toutefois être de courte durée pour les
paysans ougandais.

Les prix des denrées alimentaires n'ont pas été les seuls à augmenter: ceux des engrais, des semences et du gasoil ont explosé et commencent à se faire sentir sur les coûts de production.

Les fermiers ougandais assurent néanmoins que leur collaboration avec l'agence onusienne les a incités à mieux s'organiser et à mieux défendre leurs prix de vente sur le marché local.

 
 
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