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Génocide: un rapport du Rwanda accuse la France
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Un rapport d'une commission rwandaise qui cite des personnalités politiques et militaires pour leur rôle présumé dans le
génocide de 1994 soulève un certain nombre de questions.
Pour les français, le problème qui se pose est de savoir comment traiter ce dossier détaillé de la commission contre des personnalités de haut rang de l'administration française. Feu le président François Mitterrand, l'ancien premier ministre Edouard Balladur, ainsi que deux hommes qui sont devenus plus tard des premiers ministres - Alain Juppé, ministre des affaires étrangères à l'époque et son ancien chef de cabinet, Dominique de Villepin - sont accusés d'être impliqués dans cette terrible tragédie. Ce genre d'allégations a été fait auparavant. L'armée française a certainement donné des conseils à l'armée rwandaise avant le génocide et son rôle précis pendant le génocide est loin d'être déterminé. Toutefois, le fait que le Rwanda ait décidé de publier ce document accablant avec autant de détails contre un autre pays rend ce rapport inhabituel. Tactique de diversion? Ceci certainement soulève des questions sur la motivation du Rwanda à passer à cette étape. La raison donnée au public est la recherche de la justice. Comme le ministre rwandais de la justice, Tharcisse Karugarama, l'a déclaré à la BBC, les responsables de l'Holocauste sont encore recherchés plusieurs décennies après la fin de la deuxième guerre mondiale, alors pourquoi devrions-nous croiser les bras pendant que les responsables du génocide rwandais sont toujours en fuite ?
Mais d'autres raisons ont poussé le Rwanda à prendre cette décision. La principale raison a été la détermination de garder l'attention de la communauté internationale sur le génocide, plutôt que sur le rôle du Front Patriotique du Rwanda (FPR), qui a pris le pouvoir en 1994, permettant au président Paul Kagame de diriger le pays. Ces dernières années, des questions se sont posées sur les crimes de guerre présumés commis par le FPR pendant et après 1994. Tout en soulignant qu'il n'y avait pas de relation entre le génocide et les crimes de guerre, Alison Des Forges, conseillère à Human Rights Watch a déclaré que les dirigeants du FPR doivent répondre de leurs actes. « Leurs victimes aussi ont droit à la justice », a-t-elle déclaré. Le dossier contre le FPR :
•Le Tribunal pénal international pour le Rwanda avait pour mandat de poursuivre tous les auteurs de crimes commis en 1994. Jusqu'à ce jour, aucun membre du FPR n'a été inculpé. •En 2006, le juge français Jean-Louis Bruguière a émis des mandats d'arrêt contre neuf officiers de l'armée rwandaise proches du président Kagame pour leur complicité présumée dans l'assassinat de l'ancien président Juvénal Habyarimana en avril 1994 - l'événement qui a déclenché le génocide. •En février 2008, un juge espagnol, Fernando Andreu Merelles, a lancé des mandats d'arrêt contre 40 officiers de l'armée rwandaise. Des questions douloureuses Il y a aussi la dimension politique. Depuis que le FPR est arrivé au pouvoir, les relations avec la France sont clairement froides. Le président Kagame et ses alliés sont issus d'un groupe de refugiés Tutsi anglophones qui ont grandi en Ouganda. Le pays s'est éloigné de l'influence de la sphère francophone en Afrique et s'est tourné vers le bloc anglophone. L'ancien premier ministre britannique Tony Blair est le conseiller spécial du président Kagame et l'ancien président américain Bill Clinton, un ami proche. Le Rwanda estime qu'il n'a pas besoin de la France et il ne se gêne pas pour ouvrir le dossier douloureux du rôle de Paris dans le génocide. |
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