05 Juillet, 2008 - Heure de publication 18:54 GMT
Saïd Penda
BBC Afrique, Johannesburg
La médiation dans la crise zimbabwéenne semble vouloir aller vite, mais non sans quelques difficultés.
Le président Mbeki a rencontré samedi Robert Mugabe pour tenter de renouer le dialogue après sa réélection très controversée, mais le chef de l'opposition zimbabwéenne a refusé de rencontrer le président Mbeki.
Par ailleurs, la crise au Zimbabwe continue de diviser l'Afrique australe: de nombreux pays de la SADC critiquent de plus en plus ouvertement le régime Mugabe.
Le président Mbeki semble donc vouloir aller vite dans sa médiation au Zimbabwe, et sa visite à Harare est intervenue dès le lendemain du retour au Zimbabwe du président Mugabe, qui avait pris quelques jours de vacances en Egypte à l'issue du sommet de l'Union africaine.
Mais le président Mbeki a déjà buté sur un obstacle, le chef de l'opposition ayant refusé de le rencontrer.
Thabo Mbeki s'est donc contenté de discuter avec Robert Mugabe et avec une délégations d'une faction du MDC qui s'est réconciliée avec Morgan Tsvangirai dans l'entre-deux tours de la présidentielle.
Même si on ne connaît pas pour le moment les raisons qui ont motivé le refus de Morgan Tsvangirai de rencontrer Thabo Mbeki, on sait au moins que l'opposant qui avait largement battu le président Mugabe au premier tour de la présidentielle avait posé des préalables à toute négociation avec le pouvoir.
Le MDC exige notamment que l'Union africaine nomme un médiateur en chef qui conduira les pourparlers sur place au Zimbabwe, une façon très polie de reléguer au second rôle le président Mbeki que l'opposition estime trop proche de son homologue zimbabwéen.
L'opposition demande aussi la libération de tous les détenus politiques, or jusqu'à jeudi, la police annonçait être à la recherche de responsables du MDC.
Mieux, le parti qui a battu la formation de Robert Mugabe aux législatives du 29 mars exige que ce scrutin constitue la base de toutes négociations.
En d'autres termes, le MDC, qui a remporté ces élections, doit pouvoir former le gouvernement et n'accorder au parti de Robert Mugabe que des postes non stratégiques au sein d'un futur gouvernement d'union nationale.
Plus encore, ce gouvernement que le MDC veut de transition aura pour mission principale une nouvelle organisation du second tour de la présidentielle, boycotté par l'opposition pour cause de violences contre ses partisans.
Mais Robert Mugabe ne l'entend pas de cette oreille: il a averti qu'il ne négocierait avec l'opposition que si elle le reconnaissait comme président élu.
Pendant ce temps, dans la région, après le Botswana qui a appelé vendredi à la suspension de Robert Mugabe de toutes les organisations africaines, c'est la Zambie qui, par la voix de son ministre des affaires étrangères, a peint de Robert Mugabe le portrait d'un dirigeant "qui s'accroche au pouvoir" et "opprime son peuple".