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Gaby Nasr
BBC Afrique, Beyrouth

Le Liban au bord de la guerre civile

Des tirs et des explosions ont retenti toute la nuit à Beyrouth, livrée à ses vieux démons, où le chef du Hezbollah a accusé le gouvernement anti-syrien de lui avoir déclaré la guerre.

Certains quartiers de la capitale libanaise ne sont plus que des zones fantôme.

La population retient son souffle et redoute une résurgence de la guerre civile.

Ce n’est pas tout à fait la guerre civile, mais on s’en approche dangereusement.

Durant toute la nuit, les tirs aux armes automatiques, les explosions des roquettes antichar et les accrochages ambulants ont ramené les Libanais trois décennies en arrière.

Sinistre consolation, les belligérants n’utilisent encore que des armes individuelles, ce qui permet aux quartiers éloignés des points chauds de vivre à peu près normalement.

Les rues de Beyrouth sont pratiquement désertes, tandis que des hélicoptères de l'armée font des ronds dans le ciel.

La troupe a jusque-là proclamé sa neutralité entre les belligérants.

Quant au secteur chrétien de la capitale, il reste calme.

Une chose est sûre, rien ne va plus entre le gouvernement anti-syrien et le Hezbollah, soutenu par Damas et Téhéran.

Au deuxième jour de sa campagne de désobéissance, le parti chiite continue de bloquer les accès à l'aéroport international de la capitale.

Son chef, Hassan Nasrallah, s’est déchaîné contre le pouvoir, qualifiant de «déclaration de guerre au profit d’Israël et des États-Unis » la décision des autorités d’enquêter sur les infrastructures du Parti de Dieu.

Se posant en victime, le leader de la formation chiite a affirmé, je cite, « La résistance islamique tranchera la main de quiconque tentera de toucher à ses armes et à ses moyens de communications ».

Depuis le début de la crise, il devient évident pour le gouvernement que le Hezbollah est en train de grignoter des parcelles de pouvoir tout en consolidant son emprise sur ce qu’on appelle le « pays chiite », érigeant un véritable État dans l'État, avec ses armes et son réseau de communications.

Il y a trente-trois ans, les Palestiniens de Yasser Arafat avaient fait pareil.