05 Mai, 2008 - Heure de publication 19:04 GMT
Arnaud Zajtman
BBC Afrique, Kinshasa
Selon un rapport présenté devant l'Assemblée provinciale du Bas-Congo en fin de semaine dernière, des corps de victimes de la répression policière contre les membres du groupe politico-religieux Bundu Dia Kongo ont été exhumés d'une fosse commune à la fin du mois dernier et emportés.
Deux mois après les affrontements meurtriers entre la police congolaise et les membres du groupe politico-religieux Bundu dia kongo, les habitants du village de Sumbi, dans cette province de l'ouest du Congo, pensaient en avoir fini avec l'odeur pestilentielles des corps en décomposition.
Mais il y a quelques jours, les odeurs se sont une nouvelle fois propagées dans les abords du cimetière.
Dans un rapport dont la BBC a eu copie, la Croix Rouge congolaise avait indiqué avoir enterré plus de 40 corps dans trois fosses communes au début du mois de mars.
Mais vendredi dernier, devant le parlement provincial, les députés qui ont effectué une mission sur le terrain, ont indiqué que dans la nuit du 20 au 21 avril la terre de l'une des fosses communes a été remuée, rendant quelques restes humains visibles.
Par ailleurs, les 29 corps enterrés ont été emportés à bord d'un camion.
Le responsable de la mission parlementaire, le député Manuana Ma Makaye indique que trois jours auparavant, une jeep avec une dizaine de policiers à bord a stationnée devant le cimetière.
"Il faut être naïf pour ne pas comprendre qu'il s'agissait là d'une mission de reconnaissance", indique l'auteur du rapport parlementaire.
Personne à la police congolaise n'était disponible dimanche dernier pour réagir à ces propos.
Les Nations-Unies ont lancé une mission d'enquête sur le terrain peu après les violences. Selon ses conclusions, datant de la mi-mars, la répression a fait au moins 68 morts et de nombreux disparus.
Cependant, le rapport n'a jamais été rendu public.
Selon son porte-parole Kemal Saiki, la MONUC devait encore effectuer un travail de vérification et de finalisation du rapport.
Sur le terrain, certains semblent mettre ce temps à profit pour faire disparaître les preuves matérielles des affrontements qui ont opposé la police aux militants du groupe politico-religieux Bundu Dia Kongo.