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Violences xénophobes en Afrique du Sud
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Des voix s’élèvent pour demander l’intervention de l’armée alors que les violences contre les étrangers se poursuivent.
Le gouvernement estime que la situation ne requiert pas encore une telle intervention et annonce que plus de policiers seront déployés. Dans plusieurs quartiers pauvres de Johannesbourg et ses environs, les violences se sont poursuivies mardi. La police tentait de disperser des bandes de personnes armées de machettes, de gourdins et quelque fois d’armes à feu, qui défilaient dans les rues de Reiger Park à la recherche d’étrangers. Dans le quartier de Hillbrow, au centre de Johannesbourg où la population étrangère est aussi nombreuse que les Sud-africains, quelques centaines d’étrangers munis d’armes blanches ont défilé dans les rues. Cette marche s'apparentait à une démonstration de force dont le but de lancer un avertissement : ils ne se laisseront pas faire en cas d’attaque. Plus de 22 personnes ont déjà été tuées depuis le début de ce qui est une véritable chasse aux étrangers unanimement condamnée par la classe politique et les organisations de la société civile. Le secrétaire général de l’ANC, le parti au pouvoir, a déclaré aujourd’hui que le gouvernement devrait envisager de déployer l’armée pour contenir ces violences qui durent depuis une dizaine de jours. Les quartiers résidentiels n’ont pas encore été touchés, principalement parce que ce n’est pas là qu’on trouve généralement les étrangers. La plupart du temps, des pauvres venus en Afrique du Sud chercher une vie meilleure vivent plutôt dans les quartiers défavorisés. Appels au calme Pour la énième fois, le chef de l’Etat sud-africain a appelé ses compatriotes au calme. "Les ressortissants d’autres pays africains et d’ailleurs sont des Etres humains comme nous et méritent d’être traités avec respect et dignité", a écrit dans un communiqué publié hier soir le chef de l'Etat, Thabo Mbeki, qui a ajouté que la police ira "aux sources de l’anarchie" en réagissant avec "les moyens appropriés". Plus de 10.000 étrangers ont trouvé refuge dans les commissariats de police de Johannesbourg et dans d’autres structures municipales. Le ministre de la sécurité qui s’est rendu dans l'un de ces commissariats a promis que plus de patrouilles de police seront visibles, même dans les zones qui n’ont pas encore été affectées par ces violences xénophobes. Les organisations humanitaires parlent de vraie catastrophe, les gens vivant dans des endroits où il n’y a pas suffisamment de sanitaires et dormant à la belle étoile alors que l’hiver austral est proche. La plupart des étrangers qui se sont réfugiés dans ces structures sont sous le choc. Ils pensent tous à quitter l’Afrique du Sud au plus tôt et la plupart d’entre eux ont tout perdu. Le prix Nobel de la paix sud-africain, Desmond Tutu, a pour sa part supplié les Sud-Africains de mettre fin aux violences, rappelant lui aussi que sous l’apartheid les Sud-Africains avaient été accueillis dans les pays africains. "‘Nous ne pouvons les remercier en tuant leurs enfants’", a écrit le prélat. |
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