12 Décembre, 2007 - Heure de publication 05:27 GMT
Mohamed Arezki Himeur
Alger
Un nouveau bilan officiel encore provisoire du double attentat à la voiture piégée qui a secoué Alger s’est encore alourdi : 72 morts, 177 blessés et six personnes retirées vivantes des décombres mardi vers 21H00.
Parmi les victimes figurent trois Asiatiques ainsi qu’un Sénégalais et un Danois, tous deux fonctionnaires des Nations unies.
Les fouilles se poursuivaient la nuit dernière à la recherche d’éventuelles victimes ou de personnes ensevelies sous les décombres.
La branche d’Al-Qaïda au Maghreb, ex-GSPC, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat a revendiqué les deux attentats, précisant qu’il s’agissait d’attentats kamikaze à la voiture piégée.
Plus de quinze heures après ce double attentat, les pompiers poursuivaient encore la fouille des décombres du bâtiment abritant le HCR et le PNUD dans le quartier résidentiel de Hydra, sur les hauteurs d’Alger.
A minuit, les sauveteurs tentaient, difficilement, de dégager un enfant encore en vie bloqué sous les décombres de l’immeuble. Un pompier lui tenait un masque à oxygène sur la bouche.
L’enfant, le visage livide et pale, avait les membres inférieurs coincés sous une masse de béton et de fer.
Les pompiers ont retiré six personnes vivantes des décombres en début de soirée.
Ces deux attentats simultanés ont été commis par le GSPC, devenu depuis janvier dernier la branche d’Al-Qaïda au Maghreb, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Nourdine Yazid Zerhouni
Le ministre de l’Intérieur a appelé de nouveau à la vigilance.
Alors que l’ex-GSPC multiplie depuis le mois d'avril dernier les attentats kamikaze, Nourdine Yazid Zerhouni a estimé que cette organisation est en perte de vitesse.
La classe politique algérienne dans son ensemble a dénoncé ces attentats.
Pour la première fois depuis le début des violences en Algérie en 1992, les media officiels ont largement couvert ces événements.
Cette démarche vise à mobiliser la population autour de la politique de réconciliation nationale, mise à mal par les groupes armés islamistes et rejetée par certains partis politiques et les deux ligues des droits de l’Homme.
Selon Al-Qaïda au Maghreb, l’attentat qui a visé le siège du HCR et du PNUD a été commis par cheikh Ibrahim Abou Othmane avec une voiture transportant une citerne d’eau bourrée de pas moins de 800 kilos d’explosifs.
L’attentat contre le Conseil Constitutionnel a été perpétré par Abderrahmane Abou Abdenasser El-Âassimi avec une voiture bourrée également de 800 kilos d’explosifs.
Ce même groupe d’Al-Qaïda au Maghreb avait revendiqué dans un communiqué l’attentat contre l’aéroport de Djanet, dans l’extrême sud-est du pays, le 8 novembre dernier. Il avait annoncé la destruction de trois avions militaires.