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L'Europe courtise les immigrants qualifiés | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Ce mardi, la Commission européenne va présenter un projet visant à octroyer un titre de séjour spécial pour les immigrants très qualifiés désireux de venir travailler dans l'Union Européenne, baptisé "carte bleue".
Mais la partie n'est pas gagnée dans la mesure où certains Etats de l'UE veulent conserver leurs prérogatives en la matière. L'idée est de faire en sorte que les immigrants très qualifiés puissent venir travailler dans l'Union européenne à des conditions plus favorables. Objectif: attirer vers l'UE les cerveaux qui ont tendance à émigrer de préférence vers les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie. Baptisée "carte bleue", allusion à la couleur du drapeau européen, cette proposition de directive s'inspire de la "carte verte" américaine, sésame pour l'immigrant allant travailler aux Etats-Unis. L'avantage pour l'immigrant serait d'avoir un permis de séjour et de travail de deux ans renouvelable, délivré dans les mêmes conditions dans chacun des 27 Etats membres. Après quoi, il serait libre de travailler dans les mêmes conditions dans un autre Etat que son premier pays d'accueil. Mais l'offre est assortie de conditions strictes: l'immigrant doit être détenteur d'un diplôme reconnu, d'au moins trois ans d'expérience professionnelle et faire la démonstration que l'offre d'emploi à laquelle il répond ne peut être pourvue par un citoyen européen. La proposition de directive contient d'autres garde-fous. Pour éviter la concurrence des bas salaires redoutée par les syndicats, la Commission propose que le salaire de l'immigrant qualifié soit au moins trois fois supérieure au salaire minimum du pays où il travaillera. Actuellement, selon une étude d'impact réalisée par la Commission, les Etats de l'UE disposent déjà de législations pour les immigrants très qualifiés. Mais elles sont souvent limitées à des cas spécifiques : artistes, chercheurs, transfert au sein d'une même multinationale. Reste à savoir si cette proposition passera le rampe. Cela n'est pas garanti. Car les Etats de l'UE ont des marchés du travail différents les uns des autres et chacun décide souverainement du nombre d'immigrés qu'il veut accueillir. Or, beaucoup de ces Etats sont jaloux de ces prérogatives. Et la proposition de directive, pour être inscrite dans le droit européen, requiert l'accord unanime de tous les Etats membres de l'UE. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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