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14 Mars, 2007 - Heure de publication 17:20 GMT

L'ONU accuse: au Nigéria, la torture est "routinière"

Au Nigéria, la police torture et maltraite les détenus de façon "routinère" pour leur faire signer des aveux, selon Manfred Nowak, rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, qui a récemment passé une semaine au Nigéria visitant les prisons du pays et d'autres lieux de détention.

Dans un rapport, Manfred Nowak précise que les tortures les plus répandues sont: "les coups de fouet, de gourdins, et de machettes".

Il ajoute que les suspects sont aussi "blessés par des balles tirées dans leurs pieds, menacés de mort, suspendus au plafond ou à des barres de métal, privés de nourriture, d'eau, et de soins médicaux".

Le rapporteur spécial de l'ONU est formel. Selon lui: "la torture forme une partie intrinsèque de la manière dont les services d'ordre opèrent au Nigéria".

Plaintes
Suspects Nigerians
Les détenus se plaignent souvent de mauvais traitements

Emmanuel Onwubiko, haut responsable de la commission Nationale des droits de l'homme du Nigéria, appuie les propos de Manfred Nowak, estimant que les conclusions de son rapport sont "tout à fait vraies".

Dans une interview accordée au site web de la BBC, Emmanuel Onwubiko
ajoute: "tous les jours, nous recevons des plaintes de gens qui sont maltraités de façon routinière pendant qu'ils sont détenus par les forces de l'ordre.

Démenti
Cellules de prison au Nigeria
Les prisonniers sont torturés "pour leur arracher des aveux"

De son côté, la police dément que la torture soit fréquente, ajoutant que si elle existe dans "certains cas isolés", elle ne consitute pas une pratique officiellement approuvée.

Haz Iwendi, le porte-parole de la police nigériane, se félicite lui aussi de la publication du rapport, un document qui, selon lui, "nous permet de nous améliorer en nous rendant conscients de nos faiblesses".

Mais Haz Iwendi ajoute que "l'accusation de tortures répandues ne sont pas justifiées, parce que ces pratiques appartiennnent au passé. La police nigériane d'aujourd'hui est un service réformé et moderne".

A noter que plus de la moitié des détenus au Nigéria n'ont pas été jugés ou reconnus coupables de crimes. Il doivent souvent attendre jusqu'à dix ans avant de comparaître devant un tribunal.