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Dernière mise à jour: 18 Octobre, 2006 - Heure de publication 12:47 GMT
 
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Un ex-Janjaweed accuse Khartoum
 
Le programme télévisé d'informations de la BBC Newsnight a obtenu une interview avec un homme, demandeur d'asile en Grande-Bretagne, affirmant avoir combattu au sein des milices Janjaweed dans l'ouest du Soudan.
Enfants dans un camp de réfugiés au Darfour
Le conflit au Darfour a fait deux millions de déplacés

L'homme, qui se fait simplement appeler "Ali" pour des raisons de sécurité, confirme le soutien de Khartoum aux miliciens arabes et donne des détails sur le rôle des milices.

Ali affirme avoir combattu la rébellion au Darfour, pendant deux ans .
En tant que membre d'une milice Janjaweed, il dit avoir régulièrement participé à des attaques de villages ; son groupe opérait dans le nord du Darfour, précisément, selon lui, à l'ouest de la ville de Koutoum.

Si l'on en croit Ali, l'armée soudanaise soutenait ces attaques:

"l'aviation entrait d'abord en action. On pouvait voir la fumée et les incendies. Ensuite, c'était à nous. Il est impossible de dire combien de gens nous avons tués. On nous disait: tuez, tuez, tuez. On tirait. La plupart du temps, c'était des civils, surtout des femmes ..."

Dans cette interview, l'ancien milicien parle aussi des viols: il explique comment les femmes étaient entraînées à l'écart, à l'abri des regards.

Il affirme encore que son unité a tué des enfants, même s'il assure que, lui, ne l'a jamais fait.

"Le gouvernement donne les ordres"

Selon Ali, tout était fait sur les ordres exprès du gouvernement soudanais et en coordination avec lui, Khartoum fournissant les armes et l'équipement.

Il affirme même avoir vu des ministres visitant les camps d'entrainement des Janjaweed.

 l'aviation entrait d'abord en action (...). Ensuite, c'était à nous (...) On nous disait tuez, tuez, tuez. On tirait. La plupart du temps, c'était des civils, surtout des femmes
 
Ali, un ex-Janjaweed

Le gouvernement soudanais a toujours nié soutenir activement les milices du Darfour et affirme que l'armée soudanaise se contente d'y maintenir l'ordre.

Le témoignage d'Ali corrobore ceux des organisations humanitaires et des civils interrogés dans l'ouest soudanais.

Ali n'est par le seul Soudanais du Darfour à demander l'asile politique en Grande-Bretagne, mais il est le premier à s'exprimer publiquement.

Il affirme avoir fait défection l'an dernier, écoeuré par les exactions des miliciens.
Un psychologue qui a étudié son interview pense que son histoire est crédible.

 
 
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