02 Septembre, 2006 - Heure de publication 14:17 GMT
Les discussions entamées à Khartoum, la capitale soudanaise, entre le gouvernement intérimaire de Somalie et les représentants de l'Union des Tribunaux Islamiques gravitent autour d'un éventuel partage du pouvoir.
Les deux parties ne s'étaient pas retrouvées depuis juin dernier, lorsque les milices des Tribunaux Islamiques avaient pris le contrôle de Mogadiscio, la capitale, et de nombreuses régions centrales et méridionales du pays.
Le déploiement de troupes étrangères de maintien de la paix, auquel les Islamistes s'opposent, est l'une des questions majeures de ces négociations en vue du rétablissement de la paix et de la stabilité dans un pays dépourvu de pouvoir central depuis 1991.
Coup de pouce diplomatique
"Je vous exhorte à négocier en toute franchise pour aplanir vos divergences; et dès lors le Soudan vous aidera à atteindre nos objectifs," a déclaré le ministre d'état soudanais aux Affaires Etrangères.
Un responsable du gouvernement intérimaire a indiqué à l'agence de presse Reuters que les pourparlers pourraient se poursuivre pendant une dizaine de jours.
Les discussions s'inscrivent dans un climat de suspicion entre les deux parties qui s'accusent mutuellement de violer une trêve conclue il y a un peu plus de deux mois.
La correspondante de la BBC en Afrique de l'Est, Karen Allen, note que la reprise des pourparlers, finalement engagés grâçe à des efforts diplomatiques conjugués, est perçue comme un véritable signe de progrès.
Selon la correspondante, les relations entre les protagonistes se sont détériorées, depuis leur dernière rencontre.
Le gouvernement a été critiqué pour avoir donné son aval à la présence de troupes éthiopiennes sur le sol somalien.
Les Islamistes ont été accusés de tenter d'étendre leur sphère d'influence.
Les pourparlers seront essentiellement consacrés au partage du pouvoir. Les Islamistes ne sont pas représentés dans le gouvernement de transition dont le siège se trouve à Baidoa, dans le sud de la Somalie.
Un ministre, Mohamud Said Aden, a déclaré à l'agence de presse Associated Press, que le gouvernement était prêt à offrir des places aux Islamistes dans le gouvernement, l'administration et le système judiciaire.
Mais les deux parties demeurent divisées sur le déploiement de troupes étrangères.
Le gouvernement met l'accent sur le nécessité de recourir aux troupes étrangères pour stabiliser un pays ravagé par la guerre civile.
Les Islamistes se déclarent hostile à une quelconque participation de l'Ethiopie à un dispositif militaire international.
Mais les parties s'accordent à afficher un optimisme quant à l'issue des négociations placées sous l'égide de la Ligue Arabe à Khartoum.
Le chef de la délégation du gouvernement, Sharif Hassan Sheikh Adan, a affirmé sur les ondes de la BBC qu'un accord de paix était réalisable. "Ce seront des discussions franches appelées à résoudre toutes les questions", a-t-il déclaré.
Le négociateur en chef des Islamistes, Ibrahim Hassan Adow, a indiqué que " les deux parties sont déterminées à sceller l'unité et à mettre fin à 16 ans de chaos."