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L'histoire secrète des vétérans de guerre africains | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
"C'est l'histoire non-dite des héros oubliés", affirme l'artiste zimbabwéen Raphael Chikukwa, conservateur de l'exposition. Cette photo montre des soldats de la 11ème Division Est-africaine sur la route de Kalewa, en Birmanie, lors de la traversée du Fleuve Chindwin.
"La contribution des Africains n'est pas suffisamment mise en valeur dans les expositions de ce genre", affirme-t-il en substance.Au nombre de ses voyages, une randonnée au village natal du vétéran Tarambwa Kutsanza, dans les montagnes de l'Est du Zimbabwé.
L'exposition comporte aussi bien des photos d'archives que de récents portraits des vétérans encore en vie. "Du Sri Lanka, nous nous sommes rendus en Birmanie, en passant par l'Inde. De la Birmanie, nous nous sommes rendus au Japon", se souvient Tarambwa Kutsanza.
Grâce à un appareil photo numérique et à un ordinateur portable, les photos ont été montrées aux villageois. "Je trouve troublant que d'autres anciens combattants qui ont participé à de récents conflits comme la guerre d'indépendance du Zimbabwé reçoivent des indemnités", estime Mme Kutsanza, au premier rang.
"J'ai été blessé, en essayant de lancer une grenade qui a explosé devant moi, et j'ai perdu un oeil. Imaginez ! Ils m'ont donné l'équivalent de £10" -environ 10.000 Francs CFA actuels. "J'ai essayé d'obtenir des indemnités, mais les Britanniques n'ont eu de cesse de me dire jusqu'à ce jour d'attendre."
Sylvester Lubala, d'origine tanzanienne, s'est fait enrôler à Nairobi en 1943, avant de traverser l'Océan Indien, pour rejoindre la Birmanie, via le Sri Lanka. "L'aviation japonaise avait attaqué notre camp et tué plusieurs soldats lors de ses bombardements. J'ai dû m'occuper de certains blessés. C'était un très mauvais jour pour moi", se souvient-il.
Sur cette photo, les images d'une cérémonie en l'honneur des anciens combattants, à Dar Es Salam. Raphael Chikukwa souligne le contraste entre la Tanzanie - où la Seconde Guerre Mondiale fait l'objet d'une reconnaissance officielle et est commémorée - et le Zimbabwé, dont le gouvernement manifeste, selon lui, une certaine indifférence à l'endroit des vétérans de la guerre 1939-1945.
Raphael Chikukwa savait beaucoup de choses sur la Deuxième Guerre mondiale depuis sa plus tendre enfance, en Rhodésie - ancien nom du Zimbabwé -, lorsqu'il avait été mis au courant de la participation de son père. Selon lui, cette exposition donnera aux vétérans l'occasion de s'exprimer - ils ont tous des histoires différentes à raconter, conclut-il. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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