25 Août, 2006 - Heure de publication 20:00 GMT
Virgile Ahissou
Envoyé spécial à Agamé (Bénin)
Mais malgré le récent accord global signé le 20 août par les partis politiques du Togo, la plupart des réfugiés du camp d'Agamé ne songent pas encore à un retour.
Selon le représentant régional du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), Rafick Saïdi, « le HCR continue d’enregistrer des départs spontanés. Il s’agit principalement des personnes âgées et des femmes, en majorité originaires d’Aného, une ville du Sud-Est du Togo située à quelques kilomètres de la frontière béninoise.
Ainsi selon Rafick Saïdi, «depuis mars 2006, près de 1300 réfugiés des deux camps de Comè (60km à l’ouest de Cotonou) et Agamé (120 km à l’Ouest de Cotonou) désirant quitter les sites se sont manifestés ».
La première conséquence est que, suite à la réduction importante du nombre de réfugiés dans les deux camps, le site d’Agamé disposant d’un espace suffisant pour absorber la population des réfugiés de Comè, ce dernier site a été fermé au début du mois d’août 2006 et près de 500 personnes ont été transférées du site de Comè à Agamé.
Rafick Saïdi déclare également que « des comités d’accueil composés de représentants de la société civile, de partis politiques, dont l’opposition, et des pouvoirs publics sont installés dans les régions d’origine des réfugiés. Ils sont chargés de faciliter le retour des rapatriés et de s’assurer du respect de leur droits.»
Accord global
Selon l’accord global signé le 20 août par les partis politiques du Togo, un comité ad’hoc sera mis en place « pour appuyer les efforts du Haut Commissariat chargé des rapatriés et de l’Action Humanitaire dans sa mission d’organisation et de coordination du processus de rapatriement et de réinsertion des réfugiés et personnes déplacées ».
Le même accord précise que « ce Comité prendra attaché avec les réfugiés dans les pays d’accueil, en vue d’examiner avec eux les voies et moyens susceptibles d’ accélérer leur retour ». Ce Comité sera composé entre autre de personnalités issues de la société civile et de l’opposition.
Mais sur le site d’Agamé, on observe toujours une certaine réticence de la part des réfugiés présents quant à un retour au Togo.
A l’image d’Edouard Oussou, responsable à l’information au sein du bureau de coordination des réfugiés du camp, qui déclare : « L’accord de Ouaga est un accord de plus qui n’engage que ceux qui l’ont signé . Je rappelle qu’il s’agit la du 12eme accord pour ramener la paix au Togo ». « L’opposition a-t-elle demandé notre avis avant d’aller signer cet accord ? » interroge Edouard Oussou qui se déclare « pas prêt à retourner au Togo ». La condition première à mon retour chez moi, c’est le départ du gouvernement actuel et de son chef Faure Gnassingbé ».
Nestor Assignon, réfugié du camp d’Agamé, « il faut absolument une réforme de l’armée qui devrait être républicaine et non ethnique. L’armée, en l’etat actuel, est là pour servir un clan, le clan Gnassingbé. Nous n’avons pas confiance en eux ».
Ouregneni Seveha, 49 ans, estime que « le problème principal aujourd’hui, c’est le refus de la victoire du président Gnassigbé par la plupart des réfugiés encore au Bénin.»
« Le jour où j’apprends que Faure n’est plus au pouvoir et que le dialogue a permis de mettre quelqu’un d’autre à la tête du pays pour une transition, je serais même prêt à aller au Togo à pieds, tellement je serais heureux », ajoute le quinquagénaire.