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Dernière mise à jour: 06 Novembre, 2009 - Heure de publication 12:36 GMT
 
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Mur de Berlin: de son édification à sa destruction
 
Des pans du mur détruits par des habitants
Des pans du mur sont joyeusement détruits à coups de pioches
La chute du mur de Berlin, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, marque une étape décisive de l'histoire de l'Allemagne moderne. Elle scelle également la fin d'un monde : celui de la guerre froide entre les Etats-Unis et l'URSS.

Dans la soirée du 9 novembre 1989, des milliers de Berlinois, de l'Est comme de l'Ouest, affluent vers les postes-frontières du mur qui coupe la ville en deux.

Beaucoup de jeunes participent à ce mouvement de liberté après 28 ans de séparation.

Très vite, les douaniers sont dépassés. Sans consignes officielles, ils finissent par autoriser les premières sorties du pays sans justificatif.

Vers 23h30, le poste situé à Bornholmer Straße est le premier à ouvrir ses barrières.

En une heure, près de 20 000 personnes vont traverser le pont Bösebrücke qui sépare à cet endroit les deux Berlin.

Tour à tour, les autres points de passage cèdent. Les Berlinois de l'Est sont accueillis par ceux de l'Ouest avec du champagne et du Coca-cola sur fond de concert de klaxons.

Les Berlinois de l'Ouest font le trajet dans l'autre sens pour s'assurer qu'on peut désormais franchir la frontière.

Ce mouvement de foule a été déclenché quelques heures plus tôt par une erreur d'un membre du Bureau politique du SED, le parti communiste d'Allemagne de l'Est.

Le 9 novembre à 18h, Günter Schabowski, en charge des médias en République démocratique allemande, tient une conférence de presse retransmise en direct à la télévision.

Sous la pression des événements, il annonce qu'à l'avenir,
« les voyages privés à l'étranger peuvent être autorisés sans présentation de justificatifs, motif du voyage ou lien de famille ».

Un « mur de protection antifasciste »

Autrement dit, les Allemands de l'Est peuvent se rendre en Allemagne de l'Ouest sans justificatif.

Une mesure applicable « immédiatement et sans délai ».

En fait, l'annonce de ces nouvelles dispositions n'était pas prévue, tout du moins pas à ce moment et sans doute en plusieurs étapes.

Les gardes-frontières apprennent la nouvelle en même temps que la population sans savoir quoi faire. Mais il est déjà trop tard, la révolution est en marche.

« Le mur est ouvert » annoncent en boucle les chaînes de radio et de télévision de la République Fédérale allemande à l'Ouest.

La nouvelle se répand également à l'Est et de plus en plus de monde se dirige vers le « mur de la honte ».

Mais c'est surtout le lendemain matin et les jours suivants que la ruée se produit.

Des pans du mur sont joyeusement détruits à coups de pioches. cent mètres en moyenne par nuit jusqu'en 1990.

Les dates-clés
15 juin 1961: alors que l'exode d'Allemands de l'Est vers Berlin-Ouest s'amplifie sur fond de dégradations des conditions de vie en République démocratique d'Allemagne, le dirigeant est-allemand Walter Ulbricht déclare: "Nul n'a l'intention de construire un mur". Pour des milliers d'Est-Allemands, la menace implicite est claire et l'exode s'accélère.
13 août: après minuit, des soldats de RDA commencent la construction de ce qu'Ulbricht qualifie de "barrière de protection antifasciste".
15 août: une photographie prise par Peter Leibing du soldat est-allemand Conrad Schumann sautant par-dessus une section de fil de fer barbelé pour passer à l'Ouest devient l'un des symboles du mur.
19 août: le mur de Berlin fait sa première victime: un homme se tue en chutant alors qu'il tentait de descendre par la façade de son appartement de la Bernauerstrasse, à Berlin-Est, sur le trottoir, dans la partie occidentale de Berlin.
12 juin 1987: en visite à Berlin, le président américain Ronald Reagan s'adresse à son homologue soviétique près de la porte de Brandebourg: ""M. Gorbatchev, démolissez ce mur !"
10 septembre 1989: la Hongrie rompt avec le Pacte de Varsovie et ouvre officiellement sa frontière avec l'Autriche, portant le premier coup au Rideau de fer qui divise l'Europe.
4 novembre: un demi-million de personnes manifestent pour la démocratie dans Berlin-Est.
9 novembre: Egon Krenz, qui a succédé à Honecker, annonce aux membres du parti que tous les citoyens de RDA pourront se rendre à l'Ouest à partir du 10 novembre s'ils font la demande d'un visa de sortie.

Ce sont ces images de liesse populaire qui restent gravées dans les esprits. Comme, le 11 novembre 1989, lorsque le violoncelliste Mstislav Rostropovitch vient encourager la démolition du mur en donnant un concert improvisé.

Berlin-Ouest est jusqu'alors une véritable enclave de la RFA en RDA. Elle est entourée par près de 155 km de mur, dont 43,1 km la séparant de Berlin-Est.

Le mur de Berlin s'élève à près de 3 mètres 60 de haut et est renforcé par des mines anti-personnel, des miradors, des alarmes et des barbelés.

Plusieurs centaines de personnes seraient mortes en tentant de franchir cette muraille.

A l'époque, Berlin-Est et Berlin-Ouest sont deux villes bien distinctes. Les voies ferrées pour le train et le métro qui les relient sont fermées. Et de nombreux équipements municipaux comme les parcs, les théâtres, les opéras ou les universités ont leur double dans chaque partie de Berlin.

Un « mur de protection antifasciste » face à l'impérialisme occidental. C'est de cette manière que le gouvernement est-allemand justifie le lancement de la construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961.

En réalité, le mur doit servir à arrêter la saignée de l'exode vers l'Occident. De 1949 à 1961, entre 2,6 et 3,6 millions de personnes sont passées par Berlin pour fuir la RDA et entrer à l'Ouest.

Mais Günter Schabowski, membre du bureau politique du parti communiste est-allemand, annonce que les restrictions sont levées avec effet immédiat.

En quelques minutes, les Berlinois de l'Est prennent d'assaut les postes-frontière. A minuit, des centaines de milliers de personnes franchissent le Mur et se répandent dans Berlin-Ouest.

Ironie de l'histoire, ce sont les mêmes raisons qui vont amener la chute du mur de Berlin. Celle-ci ne fait qu'entériner la fuite de la population vers l'Ouest. Dès mai 1989, les frontières sont poreuses entre la Hongrie et l'Autriche.

Le 11 septembre 1989, la liberté de passage est complète entre les deux Etats. Des milliers d'Allemands de l'Est en profitent pour rejoindre l'Ouest via l'Autriche en passant par la Tchécoslovaquie et la Hongrie.

 
 
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