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L'Angola toujours menacé par les mines
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Sept ans après la fin de la guerre, l'Angola n'en a pas fini avec les mines
Des fanions rouges, bâtons colorés et morceaux de plastique préviennent du danger aux abords des routes et rivières de l'Angola, où des milliers de mines menacent encore, sept ans après la fin de la guerre civile. En 2002, après 27 ans de conflit, des efforts colossaux ont été entrepris pour débarrasser le territoire de ces explosifs. Malgré tout, l'Angola reste le troisième pays le plus miné au monde, derrière l'Afghanistan et le Cambodge, avec 242 km2 contaminés et un cinquième de sa population en danger. "Les mines sont aujourd'hui un problème socio-économique en raison de la pression démographique", explique Megan Latimer de l'organisation caritative Halo trust, spécialisée dans le déminage. "Les gens ont besoin de terres à cultiver. Les familles qui rentrent à la campagne depuis la fin de la guerre se heurtent aux mines et ne peuvent pas travailler, construire des maisons ou accéder aux points d'eau", dit-elle. Dans un pays où près de la moitié de la population vit dans la pauvreté en zone rurale, beaucoup sont prêts à prendre des risques pour survivre. "Les Angolais sont très au courant des dangers des mines, mais si une ressource est bloquée et qu'ils n'ont pas d'alternative pour y accéder, ils entreront dans la zone minée", raconte Mme Latimer. Personne ne sait combien de personnes ont été tuées ou mutilées par les mines pendant la guerre, ni le nombre actuelles de victimes. En 2008, différentes agences ont fait état de 14 à 47 morts. Le décompte est impossible parce que "la plupart des victimes n'arrivent pas jusqu'à l'hôpital", relève Mme Latimer, en expliquant qu'il faut parfois des semaines aux villageois pour atteindre les structures de soins. Son association est basée à Huambo (centre), une région durement frappée par les vifs combats entre le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA, au pouvoir) et les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) de Jonas Savimbi, tué en 2002. Le plus grand centre de rééducation d'Angola a été construit dans cette ville où les patients viennent de l'ensemble du pays
pour y suivre des physiothérapies, obtenir des béquilles sur mesure, des fauteuils roulants ou des prothèses.
Dans le passé, 80% des patients du centre étaient des victimes des mines mais le pourcentage tend à diminuer, remarque le médecin Armindo Jamba. "J'espère que d'ici sept à huit ans, nous ne verrons plus de blessés de mines ici." Mme Latimer estime pour sa part qu'il faudra encore attendre 8 à 15 ans: "tout dépendra des financements et ils sont compromis par la crise économique mondiale." Selon l'observatoire international du déminage, les financements internationaux ont déjà chuté de 59% entre 2006 et 2007, passant de 48 à 19,8 millions de dollars (36 à 14,8 millions d'euros). Plus de 75 pays restent affectés par les mines, qui ont tué ou blessé des centaines de milliers de personnes au cours des dernières décennies. Les frères Francisco, 15 ans, et Luciano, 7 ans, figurent sur cette triste liste. "Nous allons lui donner une nouvelle jambe", promet le docteur Jamba en touchant gentiment le moignon de Luciano. "Mais il doit encore attendre d'avoir fini de grandir." (Avec agences) |
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