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Dernière mise à jour: 11 Octobre, 2008 - Heure de publication 17:20 GMT
 
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Crise financière: l'Iran fête
 

 
 
une boutique à Téhéran
Le taux d'inflation est de 25% en Iran
En pleine tourmente financière, un gouvernement se rejouit: la République islamique d’Iran savoure ce moment de difficultés dans les pays occidentaux.

"Nous sommes heureux que l’économie des Etats-Unis est en difficulté et qu’ils paient pour leurs mauvaises actions. Dieu est en train de les punir."

C’est le point de vue de l’Ayatollah Jannati, l’un des principaux chefs religieux d’Iran.

Le Président Ahmadinejad, lui, a parlé de déclin du capitalisme mondial et annoncé que les Iraniens devraient se tenir prêts pour gérer le monde.

L’Iran semble, pour l’instant, être épargné par la crise financière internationale qui ne cesse de chahuter les places boursières.

Les actions à la bourse de Téhéran, bien que légèrement à la baisse ces derniers jours, connaissent une hausse de 20% de leur valeur sur l’année.

C’est une bourse des valeurs comme les autres, avec de géants écrans informatisés dominant la salle et des courtiers qui travaillent sur des ordinateurs et au téléphone.

Mais les actions n’ont quasiment pas été affectées par la crise du crédit.

 Il est certains que ce n'est qu’une question de temps avant que la loi de la gravité ne s'impose à nouveau à l’économie iranienne
 

Les négociants du marché boursier ont expliqué que ce qui les intéressait c’était plutôt les avancées en matière de privatisation et d’autres facteurs locaux.

Bahrom, un trader, indique que la crise offre des opportunités à l’Iran. Il invite les investisseurs étrangers à s’intéresser au marché iranien.

Un autre courtier estime que le marché iranien est plus politique qu’économique.

Tout étranger tenté par l’Iran doit savoir que les investissements étrangers doivent être approuvés par le gouvernement, dans le cadre d’une procédure qui dure au moins un mois.

Economie pétrolière

L’Iran est, bien évidemment, fier de nager à contre courant des pratiques [économiques et financières] mondiales.

L'Ayatollah Jannati
L'Ayatollah Jannati estime que les pays occidentaux sont punis pour leurs mauvaises actions

Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, semble croire que la loi de l’offre et de la demande ne s’applique pas à la République islamique.

Il affirme que l’excès de liquidité dans l’économie n’est en aucun cas responsable de la spirale inflationniste - actuellement de 25%.

Dans ce cas particulier, en revanche, ce n’est certainement qu’une question de temps avant que les lois de la gravité s’imposent à nouveau à l’économie iranienne.

 L’impact direct de la crise financière aux Etats-Unis pourrait, en fait, être plus néfaste pour les Iraniens que les Américains.
 
Saeed Leylaz

Malgré un secteur industriel en pleine croissance, et d’autres tentatives de diversification, l’Iran dépend toujours largement de ses importantes réserves pétrolière et gazière.

Selon une enquête de la compagnie BP, le pays dispose des plus importantes réserves combinées de pétrole et de gaz dans le monde; et il est le troisième exportateur de pétrole au monde.

Le ministre iranien du pétrole a indiqué que les exportations de l’or noir ont rapporté 70 milliards de dollars à son pays l’année dernière.

La baisse actuelle que connait le prix du baril sur le marché international ne peut donc pas être une bonne nouvelle pour les finances iraniennes.

En théorie, pendant les bonnes années, l’Iran doit verser ses surplus de revenus pétroliers dans un fonds de stabilisation.

Pourtant, le gouvernement du Président Ahmadinejad n’a pas hésité à dépenser l’argent, même quand le pétrole a avoisiné les 150 dollars le baril.

Une raffinerie de petrole à Téhéran
Le pays tire l'essentiel de ses revenus du pétrole

Il n’est pas clair combien de cette aubaine a été versée dans le compte de dépôt.

D’importants contrats ont été attribués à la Garde révolutionnaire.

"L’impact direct de cette crise financière aux Etats-Unis pourrait être, en fait, plus important pour le peuple iranien que le peuple américain, en raison du prix du pétrole, et de notre dépendance par rapport aux revenus du pétrole", observe Saeed Leylaz, l’un des économistes iraniens les plus critiques.

"Si le prix du pétrole iranien se situe entre 75 et 80 dollars le baril, nous perdrons 50 milliards de dollars par an et cela veut dire une baisse de revenu de 700 à 800 dollars par habitant."

 Nous sommes dans la récession. Personne ne veut acheter
 
Alireza Jahan

En fait, le pétrole iranien qui se vent un peu moins cher n’est pas loin de ce prix [75 et dollars le baril] et devrait chuter davantage.

Déjà, au nord de Téhéran, des signes de la crise économique sont visibles. Il y avait un boom de l’immobilier, caractérisé par la construction de nouveaux immeubles d’appartements luxueux à la place des grandes villas.

Mais le secteur du bâtiment commence à connaître un ralentissement. Selon un agent immobilier, les prix ont baissé de 20%. Des centaines de milliers d’appartements sont inoccupés.

"Nous sommes en récession. Personne ne veut acheter. La demande est très faible et il y a beaucoup de propriétés à vendre," explique l’agent, Alireza Jahan.

La plupart des Iraniens se réjouiront de la baisse des loyers et des prix dans l’immobilier.

Pour eux, la vie a été dure aussi longtemps qu’ils se souviennent, avec l’inflation et le chômage à la hausse.

Troubles sociaux

Mais cette chute des valeurs immobilières pourrait être le premier signe d’une crise économique plus importante qui pourrait avoir d’importantes repercussions sociales et politiques pour l’Iran.

Nouveaux billets du Rial, la monnaie irannienne
Nouveaux billets du Rial, la monnaie irannienne

L’économiste Saeed Leylaz a ainsi énoncé ce que de faibles prix du pétrole représenteraient pour l’Iran et son gouvernement: "Ca signifie davantage de liquidités, et plus de problèmes économiques, plus d’inflation. La division sociale accentuée, l’instabilité sociale dans le pays."

Par ailleurs, si les prix du pétrole baissent encore plus, la situation peut changer sur la scène internationale notamment dans les discussions relatives au programme nucléaire de Téhéran.

Jusque-là, l’une des principales contraintes pour les pays occidentaux dans les négociations avec l’Iran, a été le risque de provoquer une flambée des prix de l’or noir.

Mais tout cela n’est pas pour demain. Pour le moment, les dirigeants iraniens peuvent continuer de regarder avec amusement le reste du monde démoralisé par la crise.

 
 
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