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Dernière mise à jour: 23 Septembre, 2008 - Heure de publication 22:09 GMT
 
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Virée nocturne à la Rue Princesse
 

 
 
A Londres, des amis m’avaient vivement conseillé, une fois à Abidjan, de faire un tour du côté de la rue Princesse où il y avait sans doute la plus forte concentration de maquis dans toute la Côte d’Ivoire.

Une haute personnalité francaise, de passage à Abidjan, n’avait pas resisté à la tentation d’y aller.

Personnellement , je n’y avais jamais mis les pieds auparavant mais mon chauffeur Koné Adama n’a pas eu besoin de me faire un dessin.

Dès que notre véhicule s’est approché des lieux, je me suis rendu compte que nous étions arrivés à destination.

Comparé aux maquis de Londres, "y a pas photo", pour parler local.

De 22 heures jusqu’aux premières lueures de la matinée, on a le sentiment que tous les chemins mènent vers la rue Princesse.

Touristes de passage à Abidjan, jeunes branchés, artistes, vendeurs, tout le monde semble se donner rendez-vous dans cette rue, considerée comme l’une des plus célèbres du continent.

L’ambiance y est tout simplement électrique.

Mon chauffeur, qui s’improvise guide en même temps, me désigne du doigt ce qu'il appelle "le Maquis VIP’’.

‘’C’est là où ca fait mal actuellement’’, me dit-il.

Je n’avais rien compris, moi, l’analphabète en nouchi -l’argot urbain ivoirien.

Pensant que je risquais d’y être agressé, je lui demande d’être plus précis.

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Avec un sourire malicieux, il m’explique que ‘’ça fait mal’’ signifie, en fait, être au top.

D’habitude reservé, je regarde: médusé, tout ce spectacle qui se déroule devant mes yeux.

Je reste aussi amusé par les enseignes très parlantes.

‘’Maquis des hommes nobles’’, ‘’Bar café cacao’’,’’Maquis super rame-rame", ’’Maquis dernier kata’’, ce n’est pas l’inspiration qui manque .

Alors que j’avais du mal, par endroits, à me frayer un passage, un habitué des lieux m’explique qu’il n’y a pas foule ce samedi.

Le ramadan et la crise économique seraient passés par là.

J’avoue que j’ai dû filer à l’anglaise car je me suis retrouvé subitement entouré de jeunes filles -de joie sans doute- qui me faisaient des propositions indécentes.

Moi, le bleu de la rue Princesse, j’ai dû leur expliquer que je devais rejoindre mon collègue, Michel Lobe pour une séance de travail à l’hôtel Novotel où je logeais.

Séance de travail à minuit ? Tu parles! C’etait plutôt une manière pour moi, de fuir la rue Princesse, décidemment insaisissable.

 
 
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