23 Août, 2008 - Heure de publication 14:29 GMT
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De nombreuses personnes sont sorties dans la rue pour faire la fête, quand l’opposant Raila Odinga et le président Mwai Kibaki ont signé un accord de paix le 27 février mettant fin à la sanglante crise post-électorale qui a ébranlé le Kenya. Mais le chemin vers une paix durable est parsemé d’embûches.
L’accord signé sous la houlette de l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, après plusieurs semaines de crise politique avait ouvert la voie à un gouvernement de coalition.
Ce fut une exception dans cette partie du monde où traditionnellement le gagnant ne fait aucune concession.
Le Kenya qui occupe une place stratégique dans la « utte contre le terrorisme » était sous la pression de la communauté internationale pour trouver un accord qui allait rétablir le statut du pays considéré comme un des plus stables.
Les rivaux ont cédé et ont finalement signé un accord qui a permis au Kenya d’échapper à la guerre civile.
Six mois après sa formation, le gouvernement de coalition tient toujours, à la grande satisfaction des alliés occidentaux du Kenya.
Ils n’ont pas manqué de pousser un soupir de soulagement même si les séquelles des violences sont toujours présentes.
Des dizaines de milliers de personnes sont toujours rassemblées dans les camps de déplacés. D’autres ont été forcés de retourner sur leurs « terres d’origine ».
Elles ont été chassées après les élections parce que leurs grands-parents ne sont pas nés là où elles ont choisi des terres pour cultiver.
C’est un dossier crucial sur lequel doit se pencher le nouveau gouvernement de coalition.
« Nous sommes sous pression pour nous comporter comme une nation unie, mais à la vérité, ces questions restent irrésolues », déclare l’analyste politique Parselelo Kantai.
Amnistie
Des commissions d’enquête ont été mises sur pied pour examiner les causes profondes des violences qui ont suivi la présidentielle controversée du 27 décembre.
Mais de nombreux Kenyans doutent que les recommandations de ces commissions d’enquête seront appliquées compte tenu des expériences passées.
La terre, la tribu et le partage du pouvoir sont les domaines clés ignorés par les politiciens à leurs risques et périls.
La question des terres se trouve au cœur des rancunes tenaces entre les tribus au Kenya.
Trois-quarts de la population vit en zone rural, beaucoup de paysans comptent en effet sur ce qu’ils cultivent pour survivre.
Qui plus est, les terres ont aussi un rapport avec l’identité ethnique et les ascendances.
Joseph Wanjama est un exemple vivant de cette situation.
Il fait parti des nombreuses personnes qui ont été chassées en janvier de la ville de Kericho dans la vallée du Rift.
Il appartient à l’ethnie Kikuyu, la tribu du président Mwai Kibaki.
Ces derniers sont tenus pour être les principaux responsables de la fraude électorale qui a couté la victoire à l’opposant Raila Odinga.
La maison de Wanjama a été transformée en camps de déplacés à Nakuru.
A plusieurs endroits, les communautés ont été empêchées de retourner, leurs bourreaux déclarant que seul une amnistie accordée à ceux accusées de crimes postélectoraux ramènera la paix..
De nombreux Kenyans espèrent une réforme agraire.
L’idée a d’ailleurs été soulevée lors des dernières élections par les politiciens.