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Pour décrocher l'or, le moral compte autant que le physique
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Que se passe-t-il, quels sentiments se bousculent dans la tête d'un sportif qui vient d'obtenir une médaille d'or? Le cycliste
britannique Chris Hoy en a décroché trois, et décrit son état d'esprit dans un des blogs que la BBC consacre aux Jeux.
Je me sens physiquement et mentalement lessivé! Ce matin, après ma troisième médaille, il y a moins d'euphorie, plutôt un mélange de soulagement et d'épuisement. C'est formidable de pouvoir se dire que c'est fini. Pendant cinq jours, j'ai dû lutter. Et je me souviens des moments, durant ces quatre dernières années, quand c'était vraiment pénible. Certaines séances d'entraînement ont été horribles. La seule chose, dans ces moments, qui donne le courage d'aller jusqu'au bout est de penser aux JO et à la médaille d'or. L'entraînement est crucial
Si j'avais manqué ne serait-ce qu'une seule de ces séances, j'aurais eu des doutes, j'aurais eu peur en commençant la course. Que ce serait-il passé si j'avais manqué l'or à un millième de seconde près? Je me serais demandé si c'était parceque j'avais raté une de mes séances d'entraînement, ou si je n'avais pas donné le meilleur de moi-même. Au lieu de cela, quand j'étais sur la ligne de départ, je savais que personne ne s'était préparé de façon si exigeante que moi, et ça m'a donné une énorme confiance en moi. Aujourd'hui, je me sens tout drôle. Depuis si longtemps, chaque jour en me réveillant, je ne pensais qu'aux JO. C'est étrange de se dire que ce n'est plus nécessaire. Je devrais pouvoir relâcher la pression maintenant que tout est fini. Mais bien sûr, je ne peux pas le faire. Mes habitudes sont trop profondément ancrées. Les trois médailles d'or sont là, à côté de moi, dans leurs étuis. On reçoit aussi un ruban de rechange pour chacune d'elles, ce qui est bien pratique: la partie supérieure des médailles est assez tranchante et les rubans commencent déjà à s'effilocher, même si je les ai à peine portées. Pendant les compétitions, on n'ose pas se demander quelle impressions ça pourrait faire de gagner l'or. On est si concentré sur chaque course... parcequ'autrement, il n'y a pas moyen d'aller jusqu'au bout. Les membres de notre équipe coparent ça à une course d'obstacles: il faut les affronter un à un. Le moral avant tout
Dans le vélodrome, on a écrasé les autres équipes, on les a forcés à se soumettre. On voyait bien que leur moral avait pris un coup sérieux après les premiers jours. J'ai été surpris de voir la médiocrité des performances de certains des autres coureurs. Le problème ne pouvait pas être physique, parceque quand on participe aux JO, on est ene principe au sommet de la forme. Non: je pense que c'était mental. Moins on a le moral, et plus on sent la douleur. Et quand ils ont vu courir notre équipe, les autres se sont mis à craquer. En fait, le côté mental, émotionnel, est presque plus dur que le physique. Pour parler franchement, je ne me suis pas encore fait à ce qui s'est passé. Je crois que j'en prendrai vraiment conscience seulement une fois rentré chez moi, quand je pourrai me détendre, réfléchir et apprécier ce que j'ai pu faire. Il me tarde de rentrer, pour pouvoir vivre une vie normale, voir les amis, boire une bière sans me faire de soucis. Je pars en vacances en novembre, et je ne parlerai pas de l'avenir avant. Mais pour l'instant, je vais simplement savourer ce qui s'est passé ici à Pékin. C'est incroyable de se dire qu'on a réussi
à faire le maximum. |
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