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Une nouvelle mentalité olympique: la ruée vers l'or
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Le baron Pierre de Coubertin, qui avait ressuscité les jeux olympiques et fondé les JO de l'ère moderne, disait que l'important
n'était pas de gagner, mais de participer. Mais aujourd'hui rien n'est moins sûr: ce qui compte vraiment, c'est la médaille
d'or. C'est du moins l'impression de Mihir Bose, du service des sports de la BBC, à Pékin.
Notre collègue ajoute qu'il commence à penser que les Chinois sont en train d'apprendre que dans les sports de compétititon, tout médaille autre que l'or n'est q'un prix de consolation. Lorsque l'Indien Abhinav Bindra, par exemple, a remporté l'épreuve de tir à la carabine à 10m, il est devenu le premier sportif de son pays à gagner une médaille d'or à titre individuel. Son rival malchanceux, le Chinois Zhu Qinan, qui venait de perdre son titre de champion olympique dans cette discipline, a fondu en larmes malgré sa médaille d'argent. Il n'était pas le premier à manifester sa déception de la sorte. On avait déjà vu une scène similaire dès le premier jour, quand la tireuse chinoise Du Li n'avait pas remporté une médaille d'or. Elle était inconsolable. La Chine, et le public chinois, avaient beaucoup misé sur elle. Deux interprétations
Pour de nombreux observateurs, l'épisode confirme la différence entre les athlètes occidentaux et chinois. Ces derniers sont soumis à des pressions énormes, et doivent réussir coûte que coûte. Ce qui fait qu'un échec (même s'ils remportent une médaille d'argent for honorable) leur semble une catastrophe. Selon cette façon de voir les choses, le sentiment de déception serait trop fort pour eux. D'où les larmes. Mais notre collègue Mihir Bose se demande s'il n'y aurait pas une toute autre explication. Car ces larmes pourraient indiquer, au contraire, que les Chinois commencent à ressembler bien plus aux occidentaux, adoptant leur mentalité, avec une priorité absolue: gagner. C'est cette attitude qu'on voit chez de nombreux sportifs américains et.. australiens. Les "premiers des perdants"
Notre correspondant Mihir Bose se souvient des finales de la Coupe du monde de cricket en 2003 à Johannesbourg. L'Inde venait d'être battue à plate couture par l'Australie, et un groupe de supporters indiens se consolaient en soulignant que leur équipe était tout de même arrivée en deuxième place. Un supporter australien s'était tourné vers eux et avait lâché: "les gars, vous savez ce que ça veut dire, arriver en deuxième place? Ca veut dire être les premiers parmi les perdants". Des propos qui peuvent sembler diamétralement opposés à l'esprit olympique, que résumait si bien Pierre de Coubertin, mais notre correspondant n'en est pas si sûr. Les vainqueurs comme Michael Phelps veulent gagner, d'abord et avant tout. Participer ne suffit pas. Et, bien sûr, cette mentalité joue un rôle dans leur succès. Pourtant, dans le sport à un niveau si élevé, il n'y a pas tant de différences que ça entre ceux qui remportent l'or et l'argent, ou le bronze. Mais c'est souvent cette ferveur, cette façon de croire à la victoire, qui fait la différence entre les bons, même les très bons, et les "grands". Et notre correspondant estime que ces larmes d'athlètes chinois déçus pourrait indiquer que la Chine, qui admire les Etats Unis, essaie d'acquérir cette foi américaine dans la victoire. Le nouvel esprit
Comme pour en apporter la preuve, cinq jours après sa déception au tir, Du Li versait de nouveau des larmes, mais de joie cette fois, après avoir remporté la médaille d'or en tir à la carabie trois positions, catégorie dames. Elle a déclaré que ses larmes du jour de l'ouverture lui avaient donné une ferme volonté, une détermination qui l'avaient finalement poussée à vaincre. On voit aussi cette mentalité dans d'autres pays. La nageuse britannique Rebecca Adlington aurait pu se contenter d'une médaille d'or. Mais elle en voulait plus, elle en voulait une deuxième, et l'a obtenue. Elle avait de toute évidence cet esprit de "gagneuse". Mihir Bose pense que l'ampleur du succès remporté par les Britanniques à ces JO va montrer que les autres athlètes du Royaume Uni ont aussi acquis cet esprit. Selon notre correspondant, la vieille mentalité, qui présentait les défaites comme des revers héroïques compensant le fait qu'on n'avait pas gagné, a disparu ou est en passe de disparaître. |
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