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Victimes d'abus sexuels, des enfants souffrent en silence
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Partie rejoindre sa tante aux champs, Elizabeth est tombée un jour sur des casques bleus qui la violent et l'abandonnent ensuite à son sort. Sans se soucier de ce qui pouvait lui arriver son jeune frère avait accepté en cours de route un biscuit offert par les soldats de maintien de la paix. Flairant sans doute le danger, elle a tenté de s'enfuir mais un des soldats la rattrape. L'enquête révélera qu'ils étaient dix au total. "Ils m'ont empoignée et m'ont jetée au sol. J'ai essayé de m'enfuir, mais contre dix hommes, j'étais impuissante", a-t-elle raconté. "J'étais terrifiée. A la fin, ils m'ont laissée là, en sang", se souvient-elle.
Mais d'après Domade Jean-Baptiste, un des chefs de villages, le dossier a tellement traîné en longueur qu'ils ont dû abandonner. L'affaire ''Elizabeth'' n'est pas un cas isolé. De nombreux cas d'abus sexuels ont été attribués à des casques bleus ou à des humanitaires, ceux qui sont déployés dans des zones de post-conflits pour protéger les personnes vulnérables. Le rapport de l'ONG Save the Children qui, met en lumière ces abus, souligne que malgré la politique de ' tolérance zéro' prônée par l'Onu, peu de progrès ont été réalisés sur le terrain. D'ailleurs, les dix casques bleus mis en cause dans cette affaire sont tout simplement rentrés dans leur pays d'origine. Ces révélations de l'organisation caritative sont les résultats d'un an d'enquêtes menées en Côte d'Ivoire, au Sud Soudan et en Haïti. Impunité D'après l'ONG, des filles parfois âgées de six ans seulement ont été forcées par des humanitaires et des soldats de maintien de la paix à se livrer à des actes intimes en échange de petites quantités de nourriture. Et cela dans une impunité totale. Save the children se dit choquée par le fait que ces abus soient entourés d'un grand silence. Deux raisons pourraient l'expliquer : le manque de volonté politique de faire la lumière sur ces abus et la crainte que les victimes éprouvent souvent pour en parler. Elizabeth, âgée aujourd'hui de 13 ans, souffre en silence car elle du mal à raconter son histoire à ses parents. Un an après, elle continue d'en faire les frais car elle a dû abandonner les études. Exploitation D'après Heather Kerr, la directrice de Save the Children en Côte d'Ivoire, ces abus sont le fait d'une minorité de personnes qui profitent souvent de leurs positions pour exploiter des enfants sans défense.
"C'est pourquoi ils souffrent en silence ", ajoute-t-elle L'ONUCI, l'Opération des Nations Unies en Cote d'Ivoire a déclaré que le rapport sera étudié avec la plus grande attention. "Lorsque nous apprenons des informations de ce genre, nous prenons toujours les décisions qui s'imposent '' a déclaré Jean Paul Proulx, chargé de la discipline à l'Onu. D'après lui, les enquêtes internes peuvent parfois durer six mois ou plus mais il précise que les soldats mis en cause ne peuvent faire l'objet de poursuite que lorsqu'une plainte est déposée contre eux. Le bureau des opérations de maintien de la paix à New York a, pour sa part, déclaré qu'il est difficile de prévenir des abus lorsqu'un grand nombre de casques bleus est déployé sur le terrain. Save the Children réclame que de meilleurs mécanismes de contrôle et de protection soient mis en place sur le plan international
pour traiter ce problème. |
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