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Le retour de Morgan Tsvangeraï
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Depuis près de deux mois le dirigeant de l’opposition s’est rendu dans de nombreuses capitales africaines pour rallier des
soutiens diplomatiques.
Son absence depuis le scrutin présidentiel, a été critiquée au sein du Mouvement pour le changement démocratique.
Il a été accusé d’avoir abandonné les siens au moment où les partisans du régime lançaient une campagne systématique d’intimidation et de représailles contre ceux soupçonnés d’avoir voté pour l’opposition. « Les gens demandent : où est-il ; où sont nos dirigeants ? On ne les voit pas agir », explique John Makumbe, politologue. Morgan Tsvangeraï a annoncé à plusieurs reprises son retour. Le 17 mai il a annulé au dernier moment pour des raisons de sécurité. On n’en sait pas plus mais étant donné le climat de violences, les militants de l’opposition sont conscients de la nécessité de donner la priorité à la sécurité. Alors que le second tour de la présidentielle approche, la bataille est loin d’être menée à armes égales car il y a beaucoup gens qui sont prêts à tout pour garder leurs privilèges. Faire tomber Robert Mugabe ne sera donc pas une tâche facile. Le soutien des dirigeants africains sera crucial pour l’avenir de Morgan Tsvangeraï, notamment de ceux de la SADC, la Communauté économique de l’Afrique australe, qui n’ont pas oublié l’aide que Robert Mugabe leur a apportée lors des luttes pour l’indépendance et contre le régime de l’apartheid. Cependant l’aggravation de la crise politique et économique et son corollaire à s’avoir l’immigration de millions de Zimbabwéens dans les pays de la région leur posent un problème. « Dans le passé Morgan Tsvangeraï suscitait un certain scepticisme de la part des élites nationalistes », affirme le professeur Adam Habib de l’Université de Johannesburg. « Cela était dû en partie à cause du soutien du MDC aux fermiers blancs et aussi à cause des soutiens qu’il a à Londres et Washington », précise-t-il. Ces dernières semaines le dirigeant de l’opposition a su gagner des soutiens de plusieurs dirigeants. L’ancien syndicaliste n’a pas complètement achevé sa mue en politique. Morgan Tsvangeraï est souvent loué pour son courage (il a été passé à tabac lorsqu’il a été arrêté en mars 2007) mais son autorité est parfois mise en question. « Morgan passe trop de temps à consulter et c’est souvent l’avis de la dernière personne qui prévaut – pour finir il tarde à prendre des décisions difficiles » estime Sydney Masamvu d’International Crisis Group. En avril dernier des journalistes l’ont interrogé sur le sort de Robert Mugabé. Il avait alors répondu : « étant donné ce qui se passe en ce moment, je pense qu’il serait difficile même pour l es plus prêts à pardonner, de ne pas lui demander de rendre des comptes ». Il avait alors suggéré la mise en place d’un tribunal parrainé par les Nations-unies pour juger les crimes commis au Zimbabwe. Mais trois semaines plus tard, apparemment il avait changé d’avis. « Il est le père de la nation. On ne peut pas lui retirer ça. Le pays doit regarder vers l’avenir et je pense que toute volonté de le punir pourrait avoir des effets déstabilisateurs » a déclaré Morgan Tsvangeraï à la BBC.
On ne peut être certain que le second tour aura bien lieu et on ne compte plus les entorses à la loi électorale depuis l’annonce de la présidentielle. Les appels à une négociation pour résoudre la crise ne peuvent être ignorés. « Quoiqu’il en soit, Morgan Tsvangeraï est le candidat naturel pour succéder à Robert Mugabe et le gouvernement sud-africain s’est fait à cette idée » reconnaît le professeur Habib. « Mais la question est de savoir s’il travaillera avec quelqu’un comme Simba Makoni l’ancien ministre, qui a été exclu du Zanu-PF » s’interroge-t-il.. |
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