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Journal de bord: dans un bidonville en Sierra Leone
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Le personnel médical d'une clinique du bidonville de Kroo Bay, dans la capitale de la Sierra Leone, Freetown, tient un carnet de bord pour la BBC. Aujourd'hui, Aminatta Sama, infirmière et thérapeute à la clinique, nous dit comment elle travaille avec les personnes séropositives. Le premier test de dépistage du VIH que j'ai réalisé aujourd'hui s'est révélé positif. Dès que j'ai vu le résultat, j'ai pensé au moyen de rassurer la patiente pour qu'elle quitte la clinique en sachant que la séropositivité n'est pas une condamnation à mort. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, j'ai vu son expression changer. J'ai décelé de la peur sur son visage. Les gens pensent que tout est perdu. Mais je l'ai encouragée et je l'ai mise à l'aise. Je me sens un peu triste quand une personne apprend qu'elle est séropositive. Ce n'est pas ce que je lui souhaite, mais la nouvelle n'est pas synonyme de mort.
Les malades qui suivent un traitement peuvent vivre longtemps. Nous avons commencé à faire des tests de dépistage du VIH, à proposer des thérapies et des traitements aux femmes enceintes à la clinique en février. Le programme est gratuit, et nous espérons qu'il permettra de prévenir la transmission de la mère à l'enfant. Tout le monde a entendu parler du Sida et du VIH à la radio, mais c'est un sujet dont on ne parle pas ouvertement et les gens ont peur de se soumettre à un test de dépistage. Nous assistons aussi à toutes les réunions de la communauté et nous informons les gens au sujet du VIH. Nous leur disons qu'ils peuvent venir à la clinique, mais jusqu'à présent, seules des femmes enceintes se sont soumises au test. Quand une femme enceinte se présente pour recevoir des soins anténataux, nous essayons de la convaincre de faire le test.
Elle ne le fera que si elle le souhaite.
Si on sait tôt qu'une personne est séropositive, on est mieux à même d'empêcher la transmission de la mère à l'enfant. Jusqu'à présent, nous avons testé 129 femmes. Cinq sont séropositives. Quand une femme est positive, je lui donne la nouvelle et je la conseille. Secret Je lui dis aussi que si elle est séropositive, ca ne signifie pas qu'elle a eu des rapports sexuels avec beaucoup d'hommes; elle ne doit pas avoir honte.
Les gens ici pensent qu'on n'attrape le virus du sida qu'en ayant des relations sexuelles, mais j'explique que nous, les infirmières, pouvons aussi devenir séropositives en raison du travail que nous faisons, du fait que nous aidons les femmes à accoucher. Quand une femme enceinte est séropositive, nous lui prescrivons du ZDV, un antirétroviral, à quatre mois. Après l'accouchement, nous soignons le bébé, nous continuons à administrer du ZDV à la mère et nous lui donnons aussi de la Septrin, un médicament qui contribue à empêcher les infections. Nous conseillons à la mère d'allaiter l'enfant pendant six mois, mais pas plus. Un enfant, ici, ne survivrait pas s'il n'était pas allaité. Dans cette communauté pauvre, personne ne peut se permettre d'acheter du lait en poudre, et le nouveau-né finirait par mourir. Les nourrissons qui sont allaités risquent de contracter le VIH, mais nous les soignons pour tenter d'éviter ça. Nous ne pouvons rien faire pour ce qui est de l'allaitement. Le dépistage et le résultat sont confidentiels, et je ne divulgue jamais rien. J'informe les autres infirmières quand les femmes viennent accoucher, mais je ne dis rien aux autres. Les femmes viennent chaque semaine pour suivre leur traitement, mais je suis discrète. Je garde leur secret parce que je ne sais pas comment les gens réagiraient s'ils l'apprenaient.
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