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La musique à l'assaut des traditions somaliennes | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Vous trouverez le groupe pop somalien Waayah Cusub à Nairobi, au Kenya, au cœur de ce quartier qu'on surnomme la "petite Mogadiscio". Le nom du groupe veut dire "ère nouvelle", et son but est de briser les barrières imposées par les normes traditionnelles de la communauté somalienne. Les membres de Waayah Cusub sont âgés d'une vingtaine d'années, et vivent au Kenya, où ils sont réfugiés, depuis plus d'une décennie. Ces jeunes, irrités par les règles traditionnelles de la communauté somalienne qui limitent notamment la liberté d'expression, ont décidé de recourir à la musique pour briser ces barrières. Abandonnant l'ancienne tradition poétique de leur culture, ils ont imaginé des textes plus créatifs et plus modernes. Jamila Jamma, membre du groupe, explique: "Nous ne copions pas les chansons de musiciens établis," déclare-t-elle, "nous amenons nos propres idées, nous chantons la vie de tous les jours, ce qui n'arrive que rarement". "Nous n'aimons pas voir ce qui se passe dans notre pays" ajoute la jeune femme, "nous avons d'ailleurs enregistré une chanson destinée à faire réfléchir, en espérant qu'elle fera entendre raison à nos dirigeants". Messages
Le morceau en question, intitulé "Somalia", critique ces dirigeants, ainsi que les chefs des différentes milices somaliennes. Elle les accuse d'être responsables, dans leur lutte pour le pouvoir, des souffrances et des destructions actuelles, et les met au défi de présenter clairement leur programme pour rétablir la paix et l'ordre. Waayah Cusub ne se limite pas à prendre le conflit somalien pour thème. Le groupe constate aussi que certains problèmes sociaux sont passés sous silence dans leur communauté, et les jeunes musiciens voient là un danger grave. Le SIDA, par exemple, est une réalité dans la communauté somalienne, mais selon Waayah Cusub, personne n'en parle, ou du moins personne ne veut donner au sujet l'importance qu'il mérite. La plupart des Somaliens sont musulmans. Pour eux, le SIDA va généralement de pair avec l'adultère, et les séropositifs sont souvent marginalisés. "La plupart des Somaliens ne sont pas allés à l'école" selon Jamila Jamma, "ils ne savent pas ce qui provoque le SIDA. Alors nous avons décidé de leur dire ce qu'est cette maladie, et quels sont ses dangers". Reste que Waayah Cusub n'a pas voulu soulever un tollé en parlant des moyens de prévention tels que les préservatifs. Le groupe, dans sa chanson Ka digtoonow Aids Ka, se contente de recommander l'abstinence. A l'écran
Les jeunes musiciens vivent au Kenya depuis de longues années, et se sont faits de nombreux "fans" dans leur pays-hôte, en chantant en kiswahili, une langue très répandue en Afrique de l'est. Le groupe a aussi un grand succès dans la diaspora somalienne à travers le monde. Waayah Cusub a également joué dans le film "Ali et Awrala", qui avait pour thème le système de castes en vigueur dans les mariages au sein des communautés somaliennes. Le réalisateur du film, Abdimalik Awil Isaac, établi au Danemark, Un tabou qui a déjà provoqué bien des souffrances. Abdimalik Awil Isaac a voulu le montrer dans son film, et selon lui, "Waayah Cusub a très bien fait passer le message". Et maintenant, quels sont les projets du groupe? Selon Jamila Jamma, "tout est possible!" Mais la jeune femme ajoute: "Notre mission est de braquer le projecteur sur la Somalie dans tous les domaines. Et nous serons audacieux dans notre musique". | LIENS EXTERIEURS La BBC decline toute responsabilité pour le contenu de sites extérieurs | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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