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La mondialisation: facteur de prospérité ou d'injustices ?
 
L'Inde est devenue un géant du logiciel et des services informatiques
La mondialisation a permis un "boom" économique en Inde
La mondialisation: tout le monde en parle, souvent pour la rendre responsables de toute une série de maux. D'autres au contraire estiment qu'en facilitant les échanges, elle a permis à de nombreux pays d'atteindre des niveaux de prospérité record. Mais qu'entend-on exactement par "mondialisation"? Et quelles sont les forces qui lui donnent vie? Le rédacteur économique de la BBC, Steve Schifferes, s'est rendu à Bangalore, en Inde, pour voir le phénomène à l'œuvre.

Rares sont les endroits au monde où les effets de la mondialisation sont plus évidents qu'à Bangalore, où l'industrie de l'informatique est en plein essor, apportant une contribution de taille à la croissance économique de l'Inde.

Mais le phénomène, comme son nom l'indique, a un effet mondial, et son accélération est en train de marquer profondément la vie des habitants dans des régions aussi bien riches que pauvres, tels que Bangalore ou Detroit, aux Etats Unis. Ces régions peuvent passer d'une expansion rapide à une crise - ou vice versa - en l'espace d'une seule génération.

Prospérité

Une nouvelle génération de consommateurs est apparue
Bangalore: une nouvelle prospérité.

Selon de nombreux économistes, la mondialisation est en tout cas responsable de certaines grandes tendances de l'économie mondiale:

- baisse des salaires, mais hausse des profits, dans les économies occidentales développées

- dans les pays pauvres, flux de travailleurs migrants vers les centres urbains

- taux d'inflation et taux d'intérêts bas, malgré une forte croissance

Et ce qui est certain, c'est que la mondialisation a joué un rôle crucial dans la prospérité sans précédent de ces 50 dernières années, qui maintenant s'étend des Etats Unis et de l'Europe à de nombreux pays d'Asie, notamment la Chine et l'Inde.

Accélération

XIXème siècle: une révolution  menée par une nouvelle technologie
Tout a commencé avec la révolution industrielle du XIXème siècle

Economiquement parlant, la mondialisation désigne l'intégration croissante des économies du monde. Les échanges commerciaux, les investissements, les capitaux traversent de plus en plus les frontières internationales, ce qui peut, bien sûr, avoir des conséquences politiques et même culturelles.

Et le phénomène n'est pas nouveau. La mondialisation est, en fait, un produit de la révolution industrielle du XIXème siècle.

La Grande Bretagne, à l'époque, s'était considérablement enrichie, devenant la première superpuissance économique. La supériorité de sa technologie industrielle y était pour beaucoup, ainsi que l'amélioration des communications dans le monde, grâce aux bateaux à vapeur et au chemin de fer.

Ce qui est nouveau, c'est l'accélération de la mondialisation, et son étendue. La tendance a été constatée après la deuxième guerre mondiale, et surtout durant ces 25 dernières années.

Le développement rapide de la technologie informatique, et Internet, sont en train de transformer la façon dont les entreprises organisent leur production, et permettent de plus en plus non seulement au secteur manufacturier, mais aussi aux services, de s'étendre à l'échelle mondiale.

Ajoutez à cela le coup de pouce donné quand la Chine et l'Inde ont décidé d'ouvrir leurs économies au monde, doublant d'un coup les effectifs de la main d'oeuvre mondiale.

Multinationales

La Chine joue un rôle de plus en plus importanbt dans les échanges
La Chine a choisi d'exporter vers les pays riches

Le moteur de la mondialisation, c'est d'abord et avant tout le commerce. Celui des produits finis a plus que centuplé durant les 50 années qui se sont écoulées depuis 1955, soit une croissance bien plus importante que celle de l'économie mondiale.

Depuis 1960, l'accroissement des échanges commerciaux a été facilité par une série d'accords internationaux qui ont eu pour effet de réduire les barrières tarifaires et non-tarifaires gênant l'exportation de produits manufacturés, surtout vers le monde développé.

Certains pays asiatiques, tels que le Japon, la Corée du Sud, et maintenant la Chine, ont pu jouer un rôle de plus en plus important dans les échanges internationaux en choisissant d'exporter surtout vers les pays riches.

D'autre part, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale une part de plus en plus importante de la production au niveau mondial a été le fait de grandes entreprises multinationales, qui opèrent sans se soucier des frontières.

De plus en plus, ces multinationales jouent un rôle à l'échelle mondiale, implantant par exemple leurs usines dans des pays tiers pour profiter des coûts moins élevés de la main d'œuvre dans ces pays, ou pour être plus près de leurs marchés.

Délocalisation

Et il devient difficile de suivre les mouvements de la mondialisation, maintenant que plus de 30 % de tous les échanges se font à l'intérieur même de ces entreprises - le constructeur automobile Toyota, par exemple, expédiant des pièces du Japon vers les Etats Unis pour y être assemblées.

D'autre part, certaines multinationales telles qu'Apple ou Dell ont confié la quasi-totalité de leur production à des sous-traitants, principalement en Asie.

Un danger pour l'industrie manufacturière en occident. Mais aussi pour d'autres secteurs - celui des services, par exemple.

De nombreux emplois dans ce secteur sont maintenant menacés. Les entreprises multinationales essaient en effet de réduire leurs coûts en faisant faire à l'étranger toute une série de tâches.

Le "boom" indien

Djeunes compagnies indiennes sont apparues
L'Inde est le principal exportateur mondial de services informatiques

Ce que la Chine est devenue pour l'industrie manufacturière, l'Inde l'est devenue pour la délocalisations de multiples tâches administratives et autres pour les entreprises occidentales. Cela va de la comptabilité, et de la gestion des listes salariales, par exemple, au support technique dans le domaine informatique.

L'Inde est aujourd'hui le principal pays exportateur de services informatiques. Chacune des principales entreprises de ce secteur a maintenant une présence dans le pays, et projette d'y développer ses investissements.

Mais ces entreprises ne sont pas seules: plusieurs jeunes compagnies indiennes sont apparues, notamment TCS, Infosys et WIPRO, et elles entendent leur disputer la position dominante des "grands".

Ce "boom" des services informatiques a contribué pour beaucoup à transformer l'économie indienne, qui affiche actuellement un taux de croissance annuel de 9 % - le même que la Chine.

Une nouvelle classe de jeunes professionels du secteur est apparue elle aussi. Ils ont de l'argent à dépenser. Leur nouveau pouvoir économique a changé l'attitude des Indiens à l'égard de la richesse et de la consommation. Pour la première fois, un grand nombre de gens du secteur peuvent acquérir des produits de luxe -des autos, par exmple- et devenir propriétaires de leurs logements.

Inquiétudes

Des sourires, mais aussi des craintes
Victoire des démocrates, novembre 2006
Le rythme effréné de ces changements est sans précédent, et peut paraître quelque peu effrayant.

Un récent sondage en Grande Bretagne a indiqué que de plus en plus de Britanniques étaient inquiets de voir ainsi délocaliser des emplois en les sous-traitant à l'étranger.

Aux Etats Unis, la victoire des démocrates aux élections au Congrès en novembre dernier était aussi dûe en partie à ces craintes des effets de la mondialisation sur les salaires et les emplois.

Devant la rapidité et l'ampleur de ces changements, les gouvernements ont de plus en plus de difficultés à contrôler le mouvement et ses effets.

Ce qui perturbe de nombreux observateurs est le fait ce grand mouvement n'a pas de centre, d'organisme régulateur, et que les acteurs en cause n'arrivent souvent pas à se mettre d'accord sur des règlements équitables devant régir ce nouvel ordre économique mondial.

Arbitres critiqués

L'Omc a du mal à venir à bout des barrières tarifaires
L'OMC et les autres institutions internationales sont très critiquées

Certes, il existe des institutions internationales chargées de jouer un rôle d'arbitrage. Mais elles ont des problèmes, elles aussi.

L'OMC, l'organisation mondiale du commerce est aujourd'hui accusée de ne pas prendre en compte des facteurs tels que les conditions de travail ou l'impact du commerce mondial sur l'environnement. D'autre part, l'institution a de plus en plus de mal à venir à bout des barrières tarifaires dans le monde.

La Banque mondiale et le Fonds monétaire International (FMI) et sont critiqués, eux aussi. Ces deux institutions avaient été mises sur pied en 1944 pour gérer le système monétaire international et coordonner l'aide aux pays pauvres. Mais on leur reproche aujourd'hui de ne pas donner un rôle plus important aux économies "émergentes" de pays tels que la Chine ou l'Inde.

Et le FMI a de plus en plus de mal à influer sur les marchés mondiaux des capitaux ou à corriger les déséquilibres énormes engendrés par les échanges commerciaux.

Réglementation

Les décisions sont souvent prises à huis clos
Qui contrôle les grands centres tels que la bourse de New York?

D'autres aspects de la mondialisation sont encore moins réglementés.

Durant les années 80, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a tenté sans succès de définir des règles pour les investissements à l'étranger par les entreprises multinationales.

Quant aux règlements régissant les activités bancaires internationales, les bourses des valeurs, et les opérations de comptabilité, ils sont de plus en plus négociés par des organisations semi-indépendantes lors de réunions à huis clos.

Le droit des travailleurs à créer des syndicats est garanti par des résolutions de l'Organisation internationale du travail (OIT) une institution de l'ONU. Mais l'organisation n'a pas les moyens de contraindre des employeurs ou des gouvernments récalcitrants à respecter ces textes.

La grande question est donc de savoir si la mondialisation croissante de l'économie mondiale va déboucher sur un accroissement parallèle des règlements régissant les échanges - et si cela serait souhaitable ou non pour la croissance économique mondiale.

 
 
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