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RDC: des éléments de l'armée accusés d'un massacre | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Singomo Mogoro essaie de comprendre la réalité atroce à laquelle il se trouve soudain confronté: sa belle-sœur Androsi Modestine, 32 ans, ainsi que ses deux nièces (7 ans et 10 ans) sont presque certainement parmi les victimes retrouvées dans un charnier, près d'une base militaire située à une quinzaine de kilomètres du camp de Gety où il réside. Leurs noms figurent dans une liste de civils remis à notre correspondante par le chef coutumier de l'endroit. Dans ce triste document, se trouvent les noms de 28 hommes, femmes, et enfants disparus entre les mois d'août et de septembre, alors qu'ils étaient sortis du camp pour chercher de la nourriture. L'armée accusée
Singomo Mogoro ne cache pas sa colère. Pour lui, "il y a deux sortes de soldats: il y en a des bons, qui essaient de nous protéger, mais il y en a aussi des mauvais ... qui cherchent simplement à nous détruire". Le camp de Gety, où habite Singomo Mogoro, abrite 45.000 personnes déplacées. Un grand nombre de ces réfugiés craignent l'armée tout autant que les membres des milices, qui avaient pris part aux combats durant cinq années de guerre civile. Avec la découverte de ce charnier, on comprend pourquoi. Impunité
Dans une base militaire isolée, à Bavi, les enquêteurs ont trouvé une série de tombes contenant en tout plus de trente corps. Les images obtenues par la BBC sont les premières preuves de ce crime a être publiées. Selon les témoins qui ont révélé l'affaire, certaines des victimes avaient été torturées et violées avant d'être tuées. La question qui se pose, une question évidente, est: "pourquoi avoir fait ça?". Les enquêteurs ont reçu une réponse: "parce qu'ils pouvaient le faire". Enquête
L'un d'eux, Louis Marie Bouaka, donne des détails: "ils ont mis de l'herbe sur le charnier pour le cacher". Il n'a pas fallu trop creuser, ajoute-t-il: "à 10 cm de profondeur, nous avons commencé à voir des corps. Et une odeur effroyable". Les autorités ont ouvert une enquête et promettent que la vérité sera établie. Un procureur militaire, John Panza, annonce d'ores et déjà que "nous avons arrêté quatre personnes avec l'aide de l'armée, et d'autres arrestations sont à prévoir". Parmi les personnes placées en détention figureraient des officiers haut placés de la première brigade de l'armée de la RDC. Les autorités annoncent qu'un procès s'ouvrira dans les plus brefs délais. Pour Joseph Kabila, devenu le premier président démocratiquement élu de la RDC, la découverte de ce charnier est un coup sévère. Selon des sources proches du chef de l'état, il souhaite que les responsables soient appréhendés rapidement. Un crime prévisible
D'anciens chefs de milices, au passé plus que suspect, se sont vus octroyer des postes élevés dans ses rangs en échange de leur coopération dans le processus de paix résultant d'accords conclus en 2002. La découverte du charnier a provoqué la consternation. Mais pour de nombreux militants des droits de l'homme, une atrocité de ce genre était prévisible. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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