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Dernière mise à jour: 28 Octobre, 2006 - Heure de publication 17:24 GMT
 
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Un prix pour promouvoir la bonne gouvernance en Afrique
 
Mo Ibrahim
L'homme d'affaires soudanais Mo Ibrahim
Un prix d'une valeur de 5 millions de dollars vient d'être créé à Londres, à l'initiative de l'un des hommes d'affaires les plus en vue du continent. Mo Ibrahim, ressortissant soudanais né en Egypte, a pour ambition d'évaluer, sur une base annuelle, la bonne gouvernance dans les cinquante-trois pays du continent et de récompenser les meilleurs gestionnaires.

L'initiative vise à octroyer aux dirigeants africains un prix d'une valeur de 5 millions de dollars - soit environ 2,7 milliards de Francs CFA - sur dix ans, après leur retrait de la vie politique.

Chaque élu primé percevra également, à l'issue des dix ans et jusqu'à sa mort, une pension annuelle de retraite de 200000 dollars.

Le vainqueur bénéficiera enfin, tous les ans, d'un financement à hauteur de 200000 dollars pour un projet de développement de son choix dans son pays.

"Nous devons enrayer la corruption et promouvoir la bonne gouvernance", a indiqué Mo Ibrahim, pour qui cela devrait permettre au continent de se passer de l'aide internationale.

"Pas de vie après le pouvoir"

 Si ceux qui sont au pouvoir ne veulent pas s'en détacher, vous pouvez leur donner des milliards, ils ne s'en détacheront pas
 
Garga Aman Adji, ancien ministre camerounais de la Fonction publique

L'homme d'affaires soudanais, qui a vendu l'année dernière, sa compagnie de téléphonie mobile panafricaine Cel Tel à MTC, a ajouté que le jour où l'Afrique n'aura plus besoin d'aide sera le jour le plus heureux de sa vie.

Le Prix Mo Ibrahim pour la bonne gouvernance en Afrique a été lancé jeudi à Londres.

Il sera décerné pour la première fois en 2007 par un jury de 18 chercheurs, en coordination avec les Nations unies et d'autres organismes tels que la Banque mondiale.

Il récompensera les chefs d'Etat africains qui se seront illustrés dans les domaines de la sécurité, de la santé, de l'éducation et du développement économique.

Dans une interview publiée par le quotidien britannique "Financial Times", Mo Ibrahim, âgé de 60 ans, a déclaré que "les chefs d'Etat africains n'ont pas de vie après le pouvoir."

"Soudain, tous les avantages, châteaux, voitures, vins, dîners, leur sont retirés. Certains ont du mal à louer une maison dans la capitale. Cela incite à la corruption ; cela incite à s'accrocher au pouvoir."

"Ce prix offrira aux personnes de bonne volonté, susceptibles d'être tentées par la volonté de s'accrocher au pouvoir, la chance d'opter pour une vie aisée après le pouvoir", a déclaré Mo Ibrahim.

Soutien

Le prix Mo Ibrahim devrait être le plus richement doté du monde, d'une valeur excédant les 700 millions de Francs CFA offerts par le Prix Nobel de la Paix.

Ne devraient être candidats que les chefs d'Etat qui auront transmis le pouvoir à leur successeur par voie démocratique.

Il reviendra à l'Université de Havard d'évaluer la contribution des chefs d'Etat au bien-être de leurs concitoyens, au cours de leur mandat.

L'initiative est soutenue, entre autres, par l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, et l'ancien président américain Bill Clinton.

Nelson Mandela l'a citée comme un exemple pour le reste du monde.

Quant à Bill Clinton, il a souhaité plein succès à Mo Ibrahim et à sa fondation.

Critiques

Pour sa part, Kofi Annan a remercié l'homme d'affaires soudanais d'avoir créé un prix aussi généreux pour encourager les hommes politiques africains à mieux servir leurs peuples.

Mais l'initiative de Mo Ibrahim ne fait pas l'unanimité.

Dans une interview à BBC Afrique, Garga Aman Adji, ancien ministre camerounais de la Fonction publique et directeur de l'ONG "Bonne conscience", affirme ainsi que pour ce qui est des objectifs affichés - la lutte contre la corruption -, il n'est pas évident qu'ils soient atteints.

Selon Garga Aman Adji, "la disposition à accepter des pots-de-vin ou à les refuser est une question de conviction personnelle, qui n'a rien à voir avec la richesse."

L'ancien responsable camerounais fait en outre état d'une "crise de la conception du pouvoir."

"Si ceux qui sont au pouvoir ne veulent pas s'en détacher, vous pouvez leur donner des milliards, ils ne s'en détacheront pas", a-t-il déclaré.

 
 
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