Yacoub Sarraf précise qu'il est impossible de s'attaquer au problème tant que le conflit entre le Hezbollah et Israël se poursuit.
Les experts ont averti que la pollution pourrait entraîner un risque de cancer pour les personnes habitant les zones affectées.
La marée noire causée par les bombardements israéliens d'une centrale électrique s'étend sur 120 kilomètres.
Selon Yacoub Sarraf, le retard imposé par la guerre a gravement affecté les côtes libanaises.
"Les dégâts sont faits. Cela va sans dire que les pêcheurs vont être touchés pendant au moins 2 à 3 ans avant que l'écosystème ne se rétablisse", a-t-il déclaré à la BBC.
"Nous ne pouvons obtenir de l'équipmenent et du matériel spécialisé pour faire face au problème".
"Le secteur touristique a été frappé pour une ou deux saisons, et je suis optimiste. Mais pire encore, si nous n'intervenons pas dès que possible, les nappes au large de la côte pourraient revenir et nous toucher à nouveau".
Yacoub Sarraf ajoute que tant qu'il n'y aura pas de cessez-le-feu, il sera impossible de commencer les opérations de nettoyage.
"Si vous faîtes des comparaisons avec d'autres catastrophes identiques dans le passé, toute intervention est nécessaire durant les deux ou trois premiers jours de la marée noire ; nous avons déjà un retard de trois semaines".
Risque de cancer
Leur porte-parole, Simonetta Lombardo, affirme que les nappes de pétrole constituent "un mélange hautement toxique fait de substances qui causent le cancer et des dommages au système endocrin".
Toujours selon les experts, les personnes les plus vulnérables face à ces vapeurs toxiques sont les 2 millions d'habitants de Beyrouth. Ils ajoutent que d'énormes quantités de poissons le long des côtes ont été tués par la pollution pétrolière.
Un porte-parole du PNUE indique qu'il est trop tôt pour porter un jugement quant à l'impact de la pollution sur l'environnement de la région.
"Il est prématuré de tirer des conclusions sur l'impact potentiel sur la santé avant d'avoir pu effectuer des analyses de la nappe", déclare Luisa Colasimone.
"Aucune conclusion ne peut être tirée tant que nous n'aurons pas du personnel sur place".
Elle a ajouté qu'une équipe de spécialistes de l'ONU était arrivée en Syrie, et que l'une de leurs tâches serait de prendre des échantillons de la nappe de pétrole.
Basma Badran, porte-paroile de Greenpeace à Beyrouth, a fait savoir qu'aucune opération de nettoyage ne pourra commencer tant que la sécurité des personnes ne sera pas garantie.
"C'est une tâche très risquée que de faire de véritables évaluations sous les tirs" a-t-elle déclaré a la BBC.
"Plusieurs pays sont prêts à envoyer une assistance technique spécialisée si la sécurité de leur équipement et de leur personnel peut être garantie".
Basma Badran a ajouté que l'aide de la communauté internationale était essentielle dans la mesure où les autorités libanaises n'ont pas la capacité de faire face à une marée noire de si grande ampleur.
Le ministre libanais de l'environnement a déclaré que les dernières images satellite démontrent que la nappe de pétrole continue à s'étendre sur l'est méditerrannéen, menaçant les côtes de la Turquie, voire de Chypre.
Toutefois le ministère turc de l'environnement estime que le risque est "plutôt limité", mais que des vols de reconnaissance ont lieu régulièrement et que des navires sont prêts à déployer des barrières flottantes en cas de besoin.