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Proche orient : Origine de la crise.
 
Quand Israël a envahi le Liban en 1982 le prétexte initial était de repousser les hommes du Front de Libération de la Palestine à 40 kilomètres de la frontière, pour protéger le nord du pays.
Un soldat israélien

Un but qui semble familier aujourd’hui alors que les roquettes du Hezbollah touchent dans le nord les villes israéliennes.

Mais le vrai agenda de celui qui était alors ministre de la défense Ariel Sharon est rapidement devenu clair quand les forces armées israéliennes ont pour la première fois assiégé Beyrouth, la capitale d’un pays arabe.

Et cet agenda était beaucoup plus ambitieux : décapiter le mouvement palestinien en détruisant l’OLP, repousser les troupes syriennes hors du Liban et installer un gouvernement ami de l’Etat hébreu.

L’OLP n’a pas été détruite mais Yasser Arafat et ses combattants ont été évacués sur Tunis.

Une sorte de victoire à la Pyrrhus. Arafat est revenu sur sa terre natale et est mort avec le titre de Président de l’Autorité Palestinienne.

Iran et Syrie

En 1982, la communauté chiite majoritaire au Liban, lassée de payer le prix de la guérilla palestinienne, a dans un premier temps bien accueilli l’intervention israélienne.

Mais peu à peu l’occupation de Tsahal est devenue insupportable. Un terrain fertile pour l’Iran et la Syrie à encourager la formation d’un mouvement qui n’existait pas avant l’invasion et qui va se révéler à la fois efficace et destructeur : le Hezbollah.

En utilisant les attentats suicides et d’autres tactiques, le Hezbollah, rejoint par d’autres groupes pro-syrien, parvient en 1983 au retrait de la force multinationale déployée dans les quartiers de Beyrouth abandonnés par les Israéliens.

Après 17 ans d’une guerre meurtrière les soldats israéliens se retirent à leur tour en 2000 du sud Liban. Le terrain est libre pour le Hezbollah.

Depuis le 12 juillet et l’attaque du mouvement islamiste au-delà de la frontière, attaque qui s’est soldée par la mort de 8 soldats et la capture de 2 autres, l’histoire semble se répéter. Avec malgré tout des différences.

Mission impossible ?

L’offensive israélienne est particulièrement violente animée par le sentiment qu’il s’agit d’un combat s’inscrivant dans la lutte globale des Américains contre le terrorisme.

Des militaitres libanais

L’objectif affiché est de détruire le Hezbollah ou en tout cas de l’affaiblir au maximum et de le voir déposer les armes pour mettre Israël à l’abri de ses tirs de missiles.

Mais détruire le mouvement armé chiite ne semble tout simplement pas possible. Il est enraciné au sein de la plus importante communauté libanaise et bénéficie du soutien d’un autre mouvement : Amal, lui aussi chiite mais plus modéré.

En infligeant des pertes considérables aux infrastructures du Liban avec, de fait, un coût énorme en vies humaines civiles, le gouvernement israélien souhaite amener son homologue libanais à agir contre le Hezbollah.

Mais là encore l’opération semble vouée à l’échec au vu de la motivation et de la capacité militaire du Hezbollah.

En outre, l’armée libanaise, reconstruite sous les auspices de la Syrie avant le retrait des troupes syriennes l’année dernière, compte de nombreux chiites dans ses rangs. Si elle devait s’engager elle serait très certainement soumise à des divisions sectaires faisant ressurgir le spectre de la guerre civile des années 70, 80.

Contradiction américaine

Depuis le début de l’offensive Washington n’a, en aucune manière, exercé de pression sur les Israéliens pour les amener à la retenue. Cibles non-militaires, bombardements sur les civils. Tout est toléré. Et les Américains se retrouvent ainsi pris au piège de leurs contradictions.

Le gouvernement libanais, élu, en majorité anti-syrien, se voit affaibli et l’opinion publique internationale est de plus en plus choquée par les conséquences de frappes qui, visiblement, n’atteignent pas leur but.

C’est ce qui s’est passé également dans le cas du Hamas avec une pression sur l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat puis de Mahmoud Abbas pour les obliger à le combattre avec en parallèle un affaiblissement systématique de ses moyens d’actions.

Issue incertaine

Malgré les destructions massives infligées dans les quartiers sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, et même si le chef charismatique du mouvement Hassan Nasrallah était tué, il n’est pas sûr que cela ait une quelconque influence sur le conflit en cours.

Son prédecesseur avait été abattu sur une route du sud Liban en 1992 par un hélicoptère israélien sans que cela fasse une grande différence.

Les roquettes continuent de s’abattre sur les villes israéliennes et les dirigeants du Hezbollah promettent qu’ils ont une capacité de feu qui peut aller au-delà d’Haifa.

Et face à la résistance des combattants du Hezbollah sur le terrain aucune opération terrestre de grande envergure n’est envisagée.

L’idée de créer une zone de sécurité sous supervision d’une force internationale est évoquée à Tel Aviv mais sans accord de cessez-le-feu quelle nation voudra envoyer des troupes ?

Et si l’armée israélienne décide d’occuper à nouveau une partie du territoire libanais le Hezbollah trouvera une nouvelle raison d’être à se présenter comme un mouvement de résistance.

Comme si l’histoire se répétait…

 
 
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