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Ouganda : Une victime de la LRA témoigne | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Ochola John, 25 ans, victime des rebelles ougandais de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA), raconte son histoire. Ce témoignage est une réplique aux récentes déclarations de Joseph Kony, le chef la LRA, qui réfute les accusations d'atrocités dont il fait l'objet. Enlevé par l'Armée de Résistance du Seigneur lors de l'attaque de son village Namkora, au nord de l'Ouganda, en février 2002, Ochola John a été mutilé par les hommes de Joseph Kony. Au cours de cette attaque, 50 villageois avaient été tués à la hâche et 35 autres enlevés.
Je voudrais pouvoir renaître. Cela me fait mal de voir mon visage tel qu'il est maintenant dans le miroir. Les souvenirs que cette image évoque sont douloureux.Une nuit, des individus sont venus avec leurs torches. Ils m'ont ordonné de m'allonger, face contre terre. Je me suis exécuté pendant que les rebelles commençaient à attaquer les maisons environnantes. Ils ont arrêté beaucoup de villageois, ils les ont ligotés et les ont allongés à même le sol, sur trois rangées. Les rebelles ont attaché deux hommes ensemble et les ont mis à terre. Ils ont voulu m'obliger à ramasser une grosse branche de bois et à frapper les deux villageois à la tête, mais j'ai refusé. C'est alors que l'un d'eux s'est approché de moi avec un couteau et m'a coupé l'oreille gauche. Il m'a accusé d'être un soldat du gouvernement et m'a menacé de m'éliminer si je refusais de fracasser les têtes des deux hommes. Puis ils se sont mis eux-mêmes à fracasser les crânes des gens. Ils m'ont abandonné là, au milieu de ce déchaînement de violence. L'enlèvement Vers 7 heures du matin, ils m'ont conduit, en compagnie de 34 autres personnes, dans la brousse. Nous avons parcouru près de 5 kilomètres, puis ils ont commencé à se moquer de moi, affirmant que j'étais prétentieux. Parce que, selon eux, je leur avais manqué de respect, ils allaient me faire cuire vivant. Ils nous tabassaient sans cesse et refusaient de nous nourrir ou de nous donner à boire. Nous leur avons dit que nous étions affamés et assoiffés. Ils se sont alors comportés comme s'ils allaient nous donner à boire et à manger. Ils ont cessé de violer les femmes de notre groupe, et ont exigé d'elles qu'elles fassent bouillir de grandes quantités d'eau dans des casseroles.
Peu de temps après, leur commandant, Joseph Kony, leur a téléphoné, exigeant qu'ils s'en aillent immédiatement. Nous nous sommes alors enfoncés davantage dans la brousse, sur une distance de 15 kilomètres. Mauvais présage Je saignais beaucoup. Je ne pouvais même plus pleurer, et pendant deux jours je ne pouvais rien boire. Les rebelles ont débattu de mon sort pendant deux jours. Ils disaient que je portais malheur et que je devais en souffrir. Mes blessures commençaient à se putréfier. L'odeur était insoutenable. Mais malgré cela, ils refusaient de me soigner.
Au septième jour de mon supplice, pensant que je n'allais pas survivre, j'avais insulté leur chef dans l'espoir qu'il ordonne mon exécution, à titre de représailles. Il a simplement demandé à ses hommes de me couper les mains ; ce qu'ils ont fait. Ce soir-là, je me souviens des pleurs de mes compagnes d'infortune. L'une d' entre elles avait été tuée, et une autre s'était faite trancher les seins. Vulnérables Les rebelles me répétaient sans cesse que je ne tarderais pas à mourir. Ils ont désigné deux des filles les plus affaiblies et leur ont ordonné de me ramener chez moi. Elles pouvaient à peine marcher, à cause des viols répétés. Ils nous ont conduits directement à l'hôpital où nous avons été soignés. Sur le chemin, ma femme, mes parents et des amis m'ont rejoint. En raison de l'état de putréfaction de mes blessures, de l'odeur qui s'en échappait, de mon corps mutilé, ils ont eu beaucoup de mal à me reconnaître, je ne ressemblais plus à un être humain. La cicatrisation
J'étais plein d'amertume. Je détestais la vie et je me disais que j'aurais préféré qu'ils me tuent. Je ne voulais qu'une chose, en finir, me tuer. Ma femme a commencé à s'occuper de moi à l'hôpital. Je lui ai demandé de me laisser seul, je lui ai dit que je ne pouvais plus être son mari, à cause des mutilations que j'avais subies. Elle a refusé de me quitter. Elle disait que le bébé qu'elle portait, l'enfant que nous attendions avait besoin d'un père. Elle ne cessait de dire que je n'étais pas responsable de ces mutilations et qu'un jour, Dieu m'expliquerait pourquoi j'avais enduré une telle épreuve. Ma femme, Grace, m'a aidé graduellement à réprimer mes terrifiantes pensées. Quand notre fils est né, je l'ai appelé Anywar, qui signifie dans notre langue Luo, injure ou outrage. Je lui ai donné ce nom parce que c'est ce que Joseph Kony, le chef de l'Armée de Résistance du Seigneur, m'a fait subir. J'essaie, mais je ne peux pas pardonner, et je ne peux pas oublier non plus. | LIENS DANS CE SITE Ouganda : Joseph Kony sort de l'ombre29 Juin, 2006 | Nos Dossiers Rébellion ougandaise : L'ONU consternée01 Avril, 2006 | Nos Dossiers | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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