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Dernière mise à jour: 21 Juin, 2006 - Heure de publication 17:31 GMT
 
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Ndem : un village sénégalais prend son destin en main
 

 
 
Des femmes de Ndem en train de teindre du tissu
Chacun participe au travail : ici, la teinture.
Le déclin des zones rurales peut sembler irréversible, mais dans certaines régions d'Afrique, les habitants prennent leur destin en main et renversent la tendance... Dans le village de Ndem, au Sénégal, à 120km de Dakar, les habitants ont fondé une industrie artisanale locale. Aujourd'hui, ils exportent dans le monde entier des vêtements à la mode.

Les habitants de Ndem sont des Baay Fall, membres d'une des communautés musulmanes du Sénégal. Pour eux, si la prière ou le jeûne ont leur place dans la vie religieuse, une des meilleures façons de servir Dieu est de travailler.

Leur chef spirituel est Sérigne Babacar Mbow, qu'on trouve le plus souvent assis, entouré de ses disciples. Pour lui, "il faut comprende le mot 'travail' dans son sens profond, son sens spirituel. Le travail ne devrait pas être une contrainte, mais un acte quotidien qui vient du cœur et constitue en lui-même une forme de prière".

"Nous dédions notre travail non pas à notre vie extérieure, terrestre, mais à Dieu", ajoute Sérigne Babacar Mbow. "C'est là le côté mystique du travail".

Maama Samba

Jeune tisserand au travail, à Ndem, au Sénégal
Jeune tisserand au travail.

Ce goût du travail a porté ses fruits à Ndem. Par le passé, poussés par la désertification, un grand nombre des habitants du village avaient quitté la terre pour aller chercher du travail en ville. Mais depuis la création de l'entreprise Maama Samba, les gens restent chez eux.

La compagnie emploie 365 personnes de la région, et se spécialise dans la production de vêtements en coton cousus main, qui se vendent dans les boutiques à la mode du monde entier.

Son centre d'activités, situé non loin de la communauté religieuse, compte 17 ateliers où les vêtements sont fabriqués avant d'être envoyés en Europe.

Nogaye Kébé travaille dans la section teinture, employant une technique traditionnelle appelée bogolan, mélangeant de la boue, de la cendre, et des plantes pour créer un tissu coloré naturel.

Avant la création de Maama Samba, Nogaye Kébé, comme ses collègues, n'avait pas d'emploi. Aujourd'hui, souligne-t-elle, "nous pouvons nourrir nos enfants, aider nos maris, et participer aux activités organisées dans le village".

Mbissan Diop, de son côté, est tisserand. Autrefois, il sillonnait tout le pays pour vendre son tissu, produit à la main avec des métiers à tisser qui s'étendent par-terre, sur une longueur de près de 30m.

Aujourd'hui, "grâce à Sérigne Babacar Mbow et aux croyances que nous partageons, j'ai beaucoup produit, depuis que j'ai commencé à collaborer aux activités du centre de Ndem. J'ai si bien réussi que j'ai engagé d'autres tisserands. Aujourd'hui, nous sommes 117 au total."

Investissements

Les bénéfices réalisés par l'entreprise sont investis dans des services divers pour les 15 villages de la région.

Avant la fondation de Maama Samba il y a 16 ans, il n'y avait pas d'école, très peu d'eau, aucun centre de soins. Maintenant, il y a deux écoles françaises avec 8 enseignants, une école arabe, un centre de soins et une clinique de maternité qui sert 9.000 personnes. Ajoutez à cela une banque spécialisée dans le micro-crédit.

UNITE
Serigne Babacar
 Notre époque est caractérisée par l'exode. Nous avons essayé de trouver une autre façon de vivre, qui nous permet de rester sur nos terres. Ce n'était pas facile, mais nous sommes unis
 
Serigne Babacar

La terre n'est pas oubliée : un programme de reforestation a été lancé, et deux puits nouvellement creusés produisent assez d'eau pour irriguer les cultures de légumes et de coton que la communauté projette de lancer dans un avenir proche.

Révélation

Tout a commencé quand Sérigne Babacar Mbow était en France, et avait eu une révélation lors d'une séance de méditation solitaire, qui l'avait conduit à retourner dans le village de son père au Sénégal.

Il avait constaté que, tout comme d'autres en Afrique, la région avait été pratiquement vidée de sa population, les habitants étant partis en ville pour y chercher du travail.

Il résume: "notre époque est une époque d'exode, d'attente du départ pour l'étranger. Pendant 20 ans ici à Ndem nous avons essayé de réagir à notre façon, de créer des activités telles que l'artisanat, l'horticulture, l'élevage... bref une nouvelle manière de vivre qui puisse nous permettre de rester sur notre terre."

Sérigne Babacar Mbow se souvient: "ça n'a pas été facile, mais avec un peu de persévérance, de volonté, d'unité, de respect, de considération... nous sommes tous unis, hommes et femmes, et nous allons tous dans la même direction".

Un modèle

Couturier du village de Ndem, au Sénégal
365 employés, 17 ateliers...
Mathioro Ndiaye est l'un de ceux que le mode de vie de la communauté de Ndem a attirés. Après des études à la Sorbonne, à Paris, il a travaillé 9 ans en France, avat de retourner au pays. Aujourd'hui, il est l'un des plus fidèles des disciples de Sérigne Babacar Mbow.

"Ce qui est unique" selon Mathioro Ndiaye, "c'est qu'il a tout laissé en Europe, qu'il est revenu ici et qu'il a mis en place une structure pour le développement de la communauté. Nous avons vu ce dont il était capabe".

"C'est important pour le Sénégal", estime encore Mathioro Ndiaye, "mais aussi pour l'émergence du pays, et pour la politique de développement communautaire et de développement durable."

Rien de surprenant, sans doute, si des organisations humanitaires du monde entier se bousculent pour aller voir ce village étonnant.

 
 
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