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Dernière mise à jour: 14 Juin, 2006 - Heure de publication 21:25 GMT
 
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Sauvetage des espèces animales en RDC
 

Les forêts montagneuses du Massif d'Itombwe, dans l'Est de la République démocratique du Congo, étaient autrefois peuplées par une faune aux espèces variées.

On y trouvait des éléphants, des gorilles, des chimpanzés, et plusieurs espèces d'oiseaux, à l'image de ce soui-manga. Mais au cours de la dernière décennie, la région est devenue le repaire de groupes armés qui se livrent à diverses exactions - meurtres, viols, et rapts. Les organisations de défense de la nature redoutent que les animaux aient pu eux aussi souffrir de la situation ; c'est ce qui a conduit un groupe de chercheurs à se rendre dans la région pour s'enquérir de la situation.

L'escarpement conduit vers un haut plateau, où les communautés locales cultivent du maïs, du haricot, et des pommes de terre. Elles s'occupent également de troupeaux de moutons, sur des prairies situées à 3000 mètres d'altitude. L'administration congolaise n'est pas représentée ici - les seules autorités qu'on y trouve sont les chefs locaux et les groupes armés.

Les populations vivant sur le plateau sont virtuellement coupées du monde extérieur, à cause du relief. Il n'y a pas de routes ici, et les gens portent tous leurs bagages sur le dos. Il n'y a pas non plus de bicyclettes.Ces femmes rentrent chez elles, de retour d'un voyage qui les a conduites sur le marché local, où le troc est encore... monnaie courante.

"Le sol est très glissant dans la forêt", prévient Jacques, un médecin rencontré sur la route. Jacques et son infirmière assistante sont souvent payés en vivres pour les traitements qu'ils procurent aux populations locales."Ils n'ont pas d'argent, donc j'accepte d'être payé en nature", explique-t-il, avant d'ajouter que c'est le seul système de santé d'Itombwe.

Cette région est largement contrôlée par des rebelles rwandais, dont un grand nombre étaient impliqués dans le génocide de 1994. Connus sous le nom de FDLR - Forces Démocratiques de Libération du Rwanda -, ils perçoivent des "impôts" à des points de contrôle, à l'image de celui-ci. Il n'y a ni policiers, ni soldats congolais ici. Les Nations unies encouragent les rebelles à désarmer pacifiquement - ailleurs, elles ont recouru à la force.

Le seul signe de l'existence d'une administration congolaise est cet agent électoral, qui se rend dans un village. Au mois de juillet, la RDC organisera ses premières élections démocratiques depuis quarante ans.Alors que la région ne dispose ni d'électricité, ni de téléphone, ni d'écoles, beaucoup de personnes exhibent fièrement leurs cartes d'électeurs.

En dehors de l'agriculture et du commerce, le seul secteur générateur de revenus reste celui des mines. Ces mineurs travaillent pour leur propre compte, à l'image de beaucoup d'autres dans l'Est du Congo-Kinshasa. Leur travail est difficile et dangereux, mais certaines personnes viennent de localités aussi éloignées que Kinshasa, pour gagner un peu d'argent ici.

Ces hommes portent sur leurs têtes des sacs d'étain pesant jusqu'à 35 kilogrammes. Ils mettent trois jours pour parcourir la distance entre les mines, situées au coeur du massif, et les villes environnantes, où se trouvent leurs clients. A leur arrivée, ils sont payés l'équivalent de 3 dollars/kg.

Après trois jours de marche sur le plateau, l'équipe arrive enfin au coeur de la forêt. Les 12 chercheurs utilisent des filets spéciaux pour attraper les oiseaux. Ils sont presque invisibles et très fins, de sorte que les oiseaux ne sont pas blessés. Plus de soixante espèces d'oiseaux ont été découvertes.Ici, Albert Masanga, membre de l'expédition et ornithologue, tient dans sa main une espèce connue dans les forêts d'Afrique centrale et orientale.

Bien que les filets soient fins, les soui-mangas, comme cet oiseau au plumage rangé et à la tête bleue, courent le risque de mourir de déshydratation s'ils restent dans les filets pendant plus de 45 minutes. L'équipe disposait de 12 filets et les a vérifiés régulièrement. Les oiseaux ont fait l'objet de divers examens avant d'être remis dans la nature.Ces soui-mangas vivent seulement dans le Rift Albertin, qui s'étend d'Itombwe jusqu'aux montagnes du Ruwenzori, plus au nord.

Les chercheurs ont relevé très peu de traces de l'existence de gorilles dans les régions où ils avaient l'habitude de prendre leurs quartiers, et n'en ont relevé aucune des éléphants des forêts, qui ont probablement tous péri dans cette région. Il s'agit ici d'un membre de la famille des rats taupes, connue en Afrique australe. L'espèce avait autrefois des yeux et des oreilles, mais n'en avait pas besoin sous terre, et - l'évolution aidant - elle les a progressivement perdus.


 
 
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