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Dernière mise à jour: 05 Juin, 2006 - Heure de publication 15:02 GMT
 
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Le lion africain nourrit le dragon chinois
 
Les liens sont de plus en plus étroits.
Le président chinois Hu Jintao (ici au Nigéria) a effectué deux visites en Afrique depuis trois ans.
La Chine, en pleine expansion économique, a besoin d'alimenter son industrie en pétrole et en matières premières. Or, certains pays africains disposent justement de ces ressources, et peuvent aussi constituer des nouveaux marchés intéressants pour les produits chinois. Durant la période maoïste (et la guerre froide) la Chine avait déjà tissé tout un réseau de liens avec des pays en développement, notamment en Afrique. Ces relations sont maintenant devenues des partenariats régis par les lois du marché.

Un exemple: le contrat signé en avril dernier, aux termes duquel la compagnie chinoise d'exploitation de pétrole "offshore" a acquis 45 % des parts dans une opération de forage au Nigéria. Les Chinois ont déboursé 2 milliards de dollars. Quand le champ pétrolifère sera opérationnel, il sera capable de produire 250.000 barrils de brut par jour...

Il n'y a pas que le secteur pétrolier: on peut aussi citer les projets de construction dans des pays tels que l'Ethiopie, la Tanzanie, et la Zambie. En tout, ces liens économiques sino-africains représentent un total de près de 30 milliards de dollars. Et il s'agit là de chiffres provisoires.

Critiques
Des ressources naturelles alléchantes.

Reste que cet intérêt de Pékin pour l'Afrique n'est pas toujours vu d'un bon œil aux Etats Unis et en Europe, où l'on s'inquiète de voir la Chine établir des partenariats avec des pays dont les gouvernements sont très critiiqués sur la scène inetrnationale, tels que le Soudan, par exemple, ou le Zimbabwé.

Ce à quoi la Chine rétorque qu'il s'agit de liens purement économiques, et qu'elle s'est toujours gardée d'ingérence dans les affaires internes de pays tiers.

Mais on sait que Pékin a déjà fait usage de son droit de veto à l'ONU pour s'opposer à des pressions renforcées sur les autorités soudanaises pour essayer de leur faire mettre fin aux violences dans le Darfour. La Chine a aussi, par le passé, vendu des armes au Zimbabwé.

D'autre part, les Etats Unis cherchent eux aussi à acquérir des matières premières et du carburant en Afrique, et n'aiment guère cette concurrence chinoise...

La réplique
Le chef de la diplomatie chinoise vient d'effectuer une tournée en Afrique.

Mais la Chine persiste. Zhou Yuxiao, le chargé d'affaires de l'ambassade chinoise en Afrique du Sud, a récemment défendu en termes énergiques la politique de son gouvernement. Dans une interview accordée à Bridget Kendall, rédactrice diplomatique de la BBC, il a déclaré que son pays n'avait rien à se reprocher.

Oui, a-t-il reconnu, la Chine achète des quantités importantes de pétrole africain. Mais sur le plan mondial, ses achats ne sont pas supérieurs à ceux des Etats Unis ou du Japon.

Par ailleurs, il dément que son pays fasse obstacle aux efforts internationaux pour exercer des pressions sur le Soudan ou le Zimbabwé.

Selon le diplomate, Pékin ne fait que défendre ses propres intérêts, et ne pense pas que les embargos économiques soient nécessairement le meilleur moyen de promouvoir les principes de la bonne gouvernance.

 
 
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